Régine du Charlat est de longue date une proche de Jean-Marie-Martin qui a d'ailleurs préfacé l'un de ses livres (Comme des vivants revenus de la mort). Quelques articles de Régine vont figurer sur le blog, ils font écho à la méditation de Jean-Marie. Dans ce premier texte elle donne les grandes lignes de son itinéraire personnel.

 

LA PAROLE EN ÉCHO

 

« Catéchèse » : le terme, dans le langage courant, est plutôt barbare ou à tout le moins étrange. C’est pourtant celui que je retiens pour exprimer, de façon à la fois brève et complète, ce qui rend compte de ma vie apostolique, telle qu’il m’est proposé d’en témoigner.

Dans « catéchèse » il y a « écho ». Le grec « catèchein » signifie « faire retentir ». Avant de décliner les formes que cela a prises dans ma vie, je crois pouvoir dire que le désir de faire résonner un écho de l’Évangile, de la Parole de Dieu, est ce qui prendra corps dans tous mes engagements apostoliques.

Cela a débuté en classe de « Prépa », dans l’aumônerie du lycée Henri IV à Paris, grâce, notamment, à notre aumônier, Yves Gernigon. Comme Auxiliatrice, j’aime faire mémoire de la première célébration « expérimentale » collective du sacrement de la réconciliation, qui s’est déroulée dans la crypte de la Barouillère, pour notre groupe d’étudiants, avec le grand liturgiste qu’était le jésuite Joseph Gélineau.

 J’entre au noviciat en novembre 1960. Passé ce noviciat, j’entreprends des études de théologie dans le cadre de l’ISPC, Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique, à l’Institut Catholique de Paris. Mon intuition d’alors – est-elle juste ? – est que la « catéchèse » n’est pas vraiment considérée, à cette époque, de même valeur que la « théologie ». Peu importe. C’est là que s’est affirmé et nourri mon grand désir de faire écho de la Parole de Dieu, alors que commençait à gagner du terrain la notion de « théologie pratique ».

Régine du Charlat

Le catéchuménat des adultes, dans lequel j’ai été longtemps engagée, y compris dans la responsabilité diocésaine, a été un lieu privilégié dans ce sens.

Assez vite, cela s’est traduit par des responsabilités de formatrice : Service diocésain du catéchuménat, à Nantes, puis à Paris (Centre Jean Bart) ; Directrice du CEPAC, école de catéchiste à Paris ; responsable de l’Extension Universitaire à l’Institut Catholique de Paris, responsable du service de la formation permanente dans la même Faculté de théologie et enfin première Directrice de l’Institut des Arts Sacrés, toujours à l’Institut Catholique de Paris.

Une petite anecdote, assez significative du contexte ecclésial, au moment de cette dernière nomination : Joseph Doré est doyen de la Faculté de théologie et c’est lui qui crée l’Institut des Arts Sacrés. Il me convoque ; il m’annonce qu’il nommera Directeur un prêtre basé à Toulon qui viendra quelques jours par mois à Paris. Je serai nommée adjointe et permanente. Je refuse ce dispositif : l’autorité au prêtre, le service à la femme… La réponse de Joseph Doré est immédiate : « vous serez la Directrice… »

On l’aura compris, le désir sans faille de donner un écho à l’Évangile, à la Parole de Dieu, m’a amenée à des responsabilités diverses mais au fond très unifiées dans leur orientation « catéchétique ». Aussi bien dans les diverses responsabilités que dans mes propres écritures.

J’ai en effet quelque peu publié : nombreux articles, quelques livres. J’en cite trois, révélateurs de mes motivations profondes : « La parole et le Corps »[1], « l’Art un enjeu pour la foi »[2]. Mais aussi, sans doute le plus important pour moi, « Comme des vivants revenus de la mort »[3].

En tous ces engagements, comme dans l’ordinaire des jours, une seule orientation, un seul désir, même si je n’y suis pas suffisamment fidèle : vivre dans la foi, incarner la foi dans la vie, témoigner de la Résurrection.

 

                                                                                                      Régine du Charlat

 


[1] Le Centurion 1994

[2]  L’Atelier 2002

[3]  Bayard 2002, préface de Jean-Marie Martin