Jean-Marie Martin cite très souvent la parole de Jésus : « Si vous demeurez dans ma parole, véritablement vous êtes mes disciples », et c'est ce qui figure au début du blog pour présenter son mode de lire : Demeurer dans la Parole. Voici une méditation sur le contexte de cette parole. L'essentiel est extrait de la 3ème conférence du cycle qui a eu lieu au Forum 104 en 2010-2011 sur le thème "Maître-disciple en saint Jean" dont la transcription figure sur le blog : tag MAÎTRE-DISCIPLE. Du fait que cela avait été orienté sur le thème du disciple, des éléments venant d'un cours à l'Institut Catholique de Paris en 1979-80 ont été introduits pour compléter (voir Qui est Jean-Marie Martin ?).

 

Jean 8, 31-36

Être disciple (ou fils) et être libre

 

Jésus et des Judéens

Nous arrivons maintenant au verset 31 du chapitre 8. Ici ce n'est pas un discours aux disciples, mais nous verrons que c'est un discours sur ce qu'il en est d'être disciple.

« 31Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui: «Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, 32vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres». 33Ils lui répliquèrent: «Nous sommes la descendance d'Abraham et jamais personne ne nous a réduits en esclavage: comment peux-tu prétendre que nous allons devenir des hommes libres? » 34Jésus leur répondit: «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui commet le péché est esclave du péché. 35L'esclave ne demeure pas toujours dans la maison, le Fils, lui, y demeure pour toujours. 36Dès lors, si c'est le Fils qui vous affranchit, vous serez réellement des hommes libres. » (TOB)

 

1) Versets 30- 31a. Le contexte.

Le chapitre 8 se passe à Jérusalem. Il commence au Temple avec l'épisode de la femme adultère (v. 1-11)[1], ensuite Jésus parle et sa parole suscite l'animosité, la division, mais le verset 30 mentionnent des exceptions : « Alors qu'il parlait ainsi, plusieurs crurent en lui ».

« 31 Jésus dit donc aux Judéens qui avaient cru en lui ».

Jésus s'adresse « aux Judéens qui avaient cru en lui », mais qui ont peut-être mal cru, parce que, si vous lisez la suite, c'est une altercation des plus violentes qui existe en saint Jean entre ces Judéens et Jésus. Par ailleurs on sait que chez saint Jean on ne perd pas la foi : si on perd la foi c'est que simplement on ne l'a jamais eue, comme il est attesté dans sa première lettre[2]. Du même coup ça nous invite à penser que le terme même de "foi" peut désigner, soit une foi authentique, soit croire qu'on a la foi. C'est une chose à noter. Ceci à propos de la situation de la parole qui vient.

 

2) Versets 31b-32. Demeurer dans la parole / être disciple.

La parole qui vient est celle-ci : « Si vous demeurez dans ma parole, véritablement vous êtes mes disciples, 32et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous libérera».

C'est une phrase extraordinaire, voyons les mots.

      ●    « Demeurez dans ma parole »

Buste du Christ, OstieCe verbe demeurer, comme chez nous du reste, a une double signification, et on peut montrer que cette double signification est assumée également dans le grec de Jean. Le verbe demeurer a une signification temporelle, c'est “persister” qui va donc du côté de la fidélité, mais demeurer signifie aussi habiter. La suite du texte montrera que ces deux sens se trouvent ici conjugués dans l'emploi du verbe demeurer.

 La parole de Jésus est une habitation : on habite la parole. On pourrait même dire que, de façon générale, la parole est un lieu d'habitation même dans le sens le plus banal du terme. La parole constitue un monde, un espace habitable par l'humain ; car entendre la parole, c'est la caractéristique, le trait décisif de ce qu'il en est de l'homme. C'est du plus profond de notre pensée occidentale elle-même aussi : habiter la parole. On pourrait même penser que la toute première crise du logement, c'est que nous n'habitons pas la parole, pas notre parole. La parole nous précède et la parole est ce en quoi nous sommes en tant qu'hommes. Pour un homme, être au monde c'est être à une langue. Demeurer dans la parole.

      ●    « Si vous demeurez… vous êtes mes disciples ».

Nous avons ici un exemple de proposition apparemment conditionnelle : « si vous demeurez… alors par conséquent… » donc la condition et la conséquence. Mais cela n'est jamais chez Jean. Chez Jean le “parce que” n'est pas causal, le “afin que” n'est pas final, et le “si” n'est pas conditionnel. Je fais donc allusion ici à nos conjonctions de subordination[3].

Comment traduire cela ? « Pour autant que vous demeurez dans ma parole, vous êtes mes disciples » ou « dans le temps que vous entendez ma parole, vous êtes mes disciples » ou tout simplement « demeurer dans ma parole, c'est être disciple ».

L'enjeu n'est pas considérable pour la phrase qui nous occupe ici, mais il est considérable pour d'autres lieux en saint Jean. « Si quelqu'un ne naît pas d'eau et pneuma, il n'entre pas dans le royaume de Dieu (dans l'espace de Dieu) ». Vous connaissez cette phrase qui se trouve au chapitre 3, que nous avons déjà rencontrée, le prétendu baptême – du reste il ne s'agit pas du baptême dans cette phrase (naître d'eau et pneuma), il s'agit de la foi : la foi est “la condition pour”. En fait la foi, c'est la même chose que entendre (qui est un autre mot de la foi), c'est entrer dans le royaume de Dieu (disons “l'espace de Dieu” pour notre oreille immédiate).

      ●   « Et vous commencez à connaître la vérité ».

Vous avez ici un futur gnôsesthe, mais ce futur est moins un futur qu'un inaccompli[4], c'est pourquoi je traduis : « vous commencez à connaître la vérité ». Habiter la parole, c’est être en voie de connaître la vérité.

Ces deux mots, connaître et vérité, sont deux mots très importants chez Jean au point que nous avons consacré une année, l'année dernière à Saint-Bernard, sur la vérité en saint Jean et cette année nous étudions le verbe connaître en saint Jean, d'où l'importance de l'expression “connaître la vérité”. On peut le conjecturer a priori avant toute investigation mais cela se confirmera si on étudie attentivement. Ça ne signifie pas avoir la bonne opinion, ça ne se réduit pas à l'orthodoxie ni à l'exactitude. La vérité est autre chose que l'orthodoxie, que la certitude ou l'exactitude dans le langage johannique.

Chez saint Jean la vérité c'est un espace puisque la vérité c'est la même chose que le royaume et que le pneuma (l'Esprit). Par exemple, la question de Pilate : « Es-tu roi ? » Jésus répond « Je suis venu pour rendre témoignage à la vérité » (d'après Jn 19, 37). On a l'impression que la réponse est à côté de la question. Oui, mais royaume, vérité, pneuma c'est la même chose pour saint Jean, c'est la désignation de l'espace de résurrection.

Et puisque connaître c'est pénétrer[5], chez saint Jean « pénétrer dans le royaume » et « connaître la vérité » c'est la même chose.

 

3) Verset 33 : déni des Judéens.

Cette phrase donne lieu à un refus d'écoute immédiat de la part des Judéens. « 33Ils lui répliquèrent : “Nous sommes descendance (sperma) d'Abrahamle mot sperma nous introduit dans la symbolique de la semence et du fruit – et nous n'avons jamais été esclaves de quiconque”.  Comment dis-tu : vous deviendrez libres ? »

Le mot de liberté donne lieu lui-même à une question très importante : quel est le rapport de la vérité et de la liberté ? Mais c'est sur ce mot de liberté que la conversation ensuite va s'engager.

      ●   Identité et paternité.

Abraham a dans son sein les fils de la promesseLes juifs revendiquent d'avoir pour père Abraham et d'être libres. À l'oreille il y a la revendication : nous sommes fils de la femme libre et non pas fils de l'esclave, fils de Sarah et non d'Agar – mais c'est quand même curieux que quelqu'un d'Israël puisse dire : « nous n'avons jamais été esclaves de quiconque » ! –; saint Paul reprendre cela à son compte : « nous sommes les fils de la femme libre et les juifs sont les fils de l'esclave »[6].

Il y a donc un processus d'identification par la paternité qui est mis en œuvre déjà par les juifs et qui est repris par Paul. Je signale en passant que ceci conserve des analogies encore chez nous, même si dans le rapport père-fils c'est d'abord l'altérité qui est revendiquée et le refus de la dépendance. Ainsi une jeune personne m'avait confié tous les griefs qu'elle avait à l'endroit de son père, et comme le lendemain, je croyais qu'il était juste d'acquiescer pour une part et de reconnaître des torts, je l'ai vue rapidement se rebiffer. Cela indique que, elle, dans sa situation, avait le droit de prendre distance, mais que, face à un tiers, se reformait l'identité père-fille. Il y allait de son identité et de son nom. Et lorsque des jeunes se déclarent peu satisfaits des noms de famille qu'ils portent, on peut soupçonner qu'il y a quelque problème par rapport au père ; mais en revanche, si quelqu'un d'autre se gausse de leur nom, aussitôt c'est leur identité propre qui est mise en question ! Je dis ceci pour marquer que, même si cet endroit n'est pas dominant dans notre culture, il en reste des traces.

Les juifs revendiquent donc cette relation de paternité mais cela est ressaisi par Jésus, c'est-à-dire qu'il ne s'en tiendra pas au processus de revendication de paternité, il y substistuera ce qu'on pourrait appeler, si cela ne prêtait pas à confusion, "recherche de paternité".

      ●   Le déni des Judéens.

« Vous deviendrez libres » a suscité la réplique des Judéens : « nous sommes libres et nous n'avons pas besoin qu'on nous libère ». Nous trouvons ici une situation classique chez Jean : une proposition n'est pas reçue parce qu'on estime n'en avoir pas besoin. Or prendre conscience de sa servitude est une condition nécessaire pour être libéré.

Nous retrouverons la même chose par exemple au chapitre suivant à propos de l'aveugle-né (de l'aveugle de naissance) : nous sommes aveugles de naissance, c'est-à-dire que nos yeux ne sont pas, de naissance, ouverts à ce qui est en question dans l'Évangile. Or Jésus dit : « Je suis venu pour que les aveugles voient et que les voyants deviennent aveugles » (Jn 9, 39). C'est une phrase qui paraît étonnante et dure, elle signifie : je suis venu pour ceux qui se reconnaissent aveugles et manifestent donc la capacité de recevoir la vision ; en revanche les voyants, c'est-à-dire les soi-disant voyants, ceux qui s'estiment eux-mêmes voyants, qui estiment savoir, ne sont pas en mesure de recevoir la vision qui leur fait effectivement défaut.[7]

Nous avons ici une attitude qui est constante dans la prédication de Jésus, c'est-à-dire que le déni est le premier obstacle pour recevoir ce qui vient[8].

 

4) Verset 34. L'esclavage du péché.

 « 34Alors Jésus leur répondit : Amen, amen, je vous dis, tout homme qui fait le péché est esclave du péché”. »

Ce qui s'est introduit ici dans la discussion, c'est le thème du péché. Dans une première lecture on pourrait croire que Jésus passe indûment de la thématique de la descendance à la thématique morale. Mais nous savons qu'il n'en est rien, et qu'en particulier le péché au sens johannique ne ressortit pas à ce que nous appelons la morale.

      ●   Qu'est-ce que le péché ?

Le mot de péché est pour nous un mot difficile, on le confond avec le sentiment de culpabilité, avec l'infraction, etc. Or il a un sens bien déterminé, bien spécifique. Le mot de péché dans l'Écriture se pense à partir du pardon, il est la condition du pardon. Ceci a été surtout développé par saint Paul. C'est la signification positive du péché, si on peut s'exprimer ainsi – mais la liturgie elle-même l'atteste dans la vigile pascale : « Bienheureuse faute (Felix culpa) ».

La reconnaissance du péché est le contraire du déni qui est dans la même situation que l'aveuglement ou que la prétention à être déjà libre. Être esclave du péché ne signifie pas, au sens psychologique du terme, avoir pris de mauvaises habitudes et en être désormais l'esclave, ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Il s'agit de reconnaître que nous sommes nativement régis par le prince de ce monde qui a pour nom, entre autres, péché, c'est-à-dire que nous sommes nativement asservis au péché. Et c'est de cette libération-là qu'il s'agit. Nous sommes asservis au péché, c'est un thème très paulinien également que nous retrouvons ici chez saint Jean et qui est remarquable dans la suite du texte.

 La maison de mon Père     ●   La libération du péché.

Jésus va les appeler « fils du diabolos » c'est-à-dire fils du prince de ce monde. Je rappelle que le mot monde chez Jean ne signifie pas ce que nous appelons le monde, mais ce monde-ci en tant précisément qu'il est régi par ce qui s'appelle le prince de ce monde pour cette raison-là[9]. Or les péchés fondamentaux sont mis au compte du prince de ce monde, donc nous n'avons pas de quoi nous en acquitter, nous en libérer de par nous-mêmes. Dans l'Évangile (l'évangile de Paul déjà) on ne s'acquitte pas devant Dieu, on est acquitté. La bonne nouvelle déjà, c'est la nouvelle de l'acquittement, de l'ajustement de l'homme à lui-même, à autrui et à Dieu, car l'homme est nativement désajusté. Voilà la bonne nouvelle. Le mot ajustement est celui qu'on traduit par justification ou justice, mais le mot de justice a une connotation trop uniquement morale pour être une bonne traduction : le mot dikaiosunê est beaucoup plus vaste et plus ontologique, pourrait-on dire, que le mot de justice.

      ●    Les trois traits caractéristiques du péché essentiel d'après Jn 8, 41-44.

Et si on regarde la suite du texte (v. 41-44), le prince de ce monde n'est pas seulement caractérisé comme prince d'une région mais aussi comme père d'une descendance et le texte lui attribue trois caractéristiques : meurtrier, falsificateur et adultère. Or le père c'est la semence, et ce qui sort de la semence ne peut être que selon la semence. Et je vous ai déjà dit qu'en chacun il y a deux semences : semence du diable (du prince de ce monde) et semence de christité.

Les traits caractéristiques du péché essentiel sont donc au nombre de trois :

  • Premièrement il est pseudos, falsificateur. Nous naissons nativement dans la falsification – c'est meilleur que mensonge parce que mensonge est moralisant lui aussi – nous sommes dans la falsification.
  • Deuxièmement, il est homicide, meurtrier. Et ceci garde bien l'ordre : la parole précède l'homme. Donc premièrement falsificateur et deuxièmement homicide.
  • Et enfin il est adultère, c'est-à-dire qu'il rompt la symbolique fondamentale du masculin/féminin qui est structurante de tout l'Évangile.

Donc ce sont les trois traits.

Je dis souvent que nous sommes asservis à la mort et au meurtre, asservis à mourir et à être meurtriers, mais le mot “meurtriers” n'est pas nécessairement à prendre au sens sanguinolent du terme. En effet, ce mot désigne la même chose que la haine qui elle-même, chez saint Jean, ne signifie pas non plus nécessairement une véhémence contre quelqu'un mais aussi l'absence de relation, l'indifférence, les multiples états négatifs du rapport à autrui. Ces termes ont beaucoup plus d'ampleur que chez nous où ils désignent des vertus ou des vices spécifiques. Ici nous avons des dénominations absolument génériques, essentielles, fondamentales dans l'usage de ces mots-là, donc il faut bien le savoir.

 

5) Verset 35. La différence entre fils et esclave.

Les Judéens ont opposé filiation et esclavage au verset 33, et c'est ce que Jésus va reprendre.

« 35L'esclave ne demeure pas dans la maison pour toujours ; le fils demeure pour toujours».

Voilà à nouveau le verbe demeurer, demeurer qui atteste ici son sens spatial et non pas le sens temporel de persister : demeurer dans la maison. La maison, c'est la maison du père : le fils demeure dans la maison du Père, c'est pourquoi la filiation signifie souvent chez Jean la liberté. Être fils c'est être libre chez Jean comme chez Paul, par opposition à l'esclave qui n'a pas la liberté dans la maison, qui peut être vendu.

Le plus souvent nous pensons le mot fils dans le rapport père-fils, mais il y a aussi cet autre rapport qui est un rapport d'opposition dans la maison entre celui qui est le fils et celui qui est serviteur (ou esclave) : le mot fils prend ici un de ses sens majeurs en opposition à l'esclavage, ceci dans la maison du Père.

Et la petite phrase : « Le fils demeure pour toujours » est une façon de dire la résurrection, c'est la même chose que « Le Ressuscité ne meurt plus ». En effet le titre de Fils de Dieu est accordé à Jésus par la résurrection, comme le dit Paul : « Déterminé Fils de Dieu de par la résurrection d'entre les morts dans un pneuma de consécration » (Rm 1, 4). Voilà une phrase décisive.

 

6) Verset 36 : la libération.

« 36Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres. »

La libération dont il s'agit ici, ce n'est pas la résurrection pour demain, mais l'accès à une vie neuve dès maintenant : pas seulement pour maintenant, mais pas pour demain seulement non plus. La vie qu'on appelle éternelle ne s'oppose pas à la temporalité comme si c'était un après de la temporalité, ce qui est très important chez Jean. Les notions les plus fondamentales d'espace et de temps sont des notions qui doivent être reconsidérées par rapport à notre usage si on lit le texte de Jean.

 

Conclusion : ce qu'il en est d'être disciple.

Il faudrait lire la suite du texte, c'est un autre propos, mais nous avons ici le déploiement de ce qu'implique la notion de disciple. Il s'agit de ce que cela apporte, de ce que cela donne, et non pas de ce que cela implique comme devoirs.

Être disciple, c'est la même chose que demeurer dans la parole, la parole du Fils qui est la maison du Père.

Donc vous avez ici des rapprochements subtils, passionnants, qui ne sonnent pas spontanément à notre oreille, et qui sont nécessairement appelés par le vocabulaire de Jean si on l'a fréquenté, du Nouveau Testament du reste en général.



[1] Une méditation sur le texte de la femme adultère va prochainement paraître sur le blog.

[2] La foi est sans doute pour notre conscience une survenance, mais elle ne peut survenir que parce que de toujours elle est là. Cela est clair dans la première lettre de Jean : « Certains sont sortis des nôtres » et le sens pour Jean, ce n'est pas du tout qu'ils ont perdu la foi, ils ont simplement manifesté qu'ils n'avaient encore jamais eu la foi : «  Ils sont sortis des nôtres mais ils n'étaient pas des nôtres. S'ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous. Mais [leur sortie] c’est pour que soit manifesté qu’ils n'étaient pas tous des nôtres.» (1 Jn 2, 19). Cf Le mot "croire" en Jn 4, 46-54, la guérison du fils de l'officier. À quels moments peut-on parler de foi ?.

[4] Jean parle grec mais il parle à partir d'une écoute hébraïque. Or en hébreu – c'est vrai aussi du grec très ancien –  il n'y a pas de temps (passé, présent, futur) mais il y a des aspects : l'accompli et l'inaccompli. L'inaccompli désigne ce qui a commencé dans le temps et qui n'est pas achevé, ou ce qui va venir et qui n'est pas encore là. Donc d'une certaine façon les imparfaits et les futurs ont la même forme en hébreu. Cf Les verbes en hébreu et le problème de la traduction  .

[5] C'est le connaître biblique de « Adam connut Êve ».

[6] « 22Il est écrit, en effet, qu’Abraham eut deux fils, un de la servante, un de la femme libre ; 23mais le fils de la servante était né selon la chair, tandis que le fils de la femme libre l’était par l’effet de la promesse… 28Et vous, frères, comme Isaac vous êtes enfants de la promesse. » (Ga 4)

[8] Le déni est le premier obstacle, et le deuxième obstacle c'est l'aveu dans le dépit : la confession du péché libère du péché à condition que ce soit une confession joyeuse, elle ne peut l'être que si elle a lieu dans la lumière du pardon. Cf Pardon, péché ("dans la lumière du pardon", "ni déni ni dépit", "le pardon précède le péché"...) .