Extrait de l'introduction au chapitre sur l'Esprit-Saint dans le cours de J-M Martin à l'ICP en 1970-71 :

La notion de Pneuma (Esprit) est une notion complexe, d'une extraordinaire souplesse, et tout à fait étrangère à notre langage. C'est pourquoi il est difficile de l'aborder. Dans la première partie de notre chapitre nous choisirons de considérer le Pneuma (l'Esprit Saint) comme espace de la vie chrétienne. Dans la seconde partie nous considérons les rapports du Christ ressuscité et du Pneuma, étant entendu que le rapport de personne à personne ne joue pas, autrement dit, redécouvrir, antérieurement à cette problématique, le rapport du Christ et de l'Esprit.

Dans la première partie, après avoir préparé les esprits à l'intelligence de cette expression insolite de "l'Esprit comme espace", nous tenterons de partager l'expérience de Paul en lisant plusieurs textes de l'épître aux Éphésiens, le dernier étant Ep 4, 7-16 [que J-M Martin commente en le traduisant à partir du grec].

 

Ephésiens 4, 7-16

 

Christ ressuscité, Jacques Bourg«7A chacun de nous cependant la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ. 8D’où cette parole : Monté dans les hauteurs, il a capturé des prisonniers ; il a fait des dons aux hommes. 9Il est monté ! Qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu jusqu’en bas sur la terre ? 10Celui qui est descendu, est aussi celui qui est monté plus haut que tous les cieux, afin de remplir l’univers. 11Et les dons qu’il a faits, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des bergers et catéchètes, 12afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, 13jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude.
14Ainsi, nous ne serons plus des enfants, ballottés, menés à la dérive à tout vent de doctrine, joués par les hommes et leur astuce à fourvoyer dans l’erreur. 15Mais, confessant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête, Christ. 16Et c’est de lui que le corps tout entier, coordonné et bien uni grâce à toutes les articulations qui le desservent, selon une activité répartie à la mesure de chacun, réalise sa propre croissance pour se construire lui-même dans l’amour. » (TOB)

 

1) Versets 7-10. Inauguration de l'espace.

« 7A chacun de nous a été donnée la grâce  selon la mesure de la donation du Christ.  8C'est pourquoi on dit – citation du psaume 68 – : "En montant dans les hauteurs, il a emmené des captifs – littéralement : "il a capturé la captivité" – il a donné des dons aux hommes."

Et Paul commente ainsi : « 9Or "Il est monté", qu'est-ce (à dire) sinon qu'il est aussi descendu vers les régions inférieures de la terre. 10Celui qui est descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux afin de remplir (plêrōsê) la totalité. »

Ici deux remarques,

  • la première se réfère à la démarche de montée et de descente,
  • la seconde se réfère à la notion de Plérôme, de remplir, d'emplissement.

Les deux sont ici explicitement liés, ce qui est très intéressant pour marquer le rapport qu'il y a entre le geste instaurant du Christ et l'espace empli, l'espace nouveau.

Pour ce qui est de la montée et de la descente, cela se trouve aussi en Rm 10, 6-8 où Paul cite le psaume 107, et c'est peut-être le passage le plus étonnant à ce sujet : « Ne dis pas dans ton cœur : qui montera aux cieux ? Cela signifie : en faire descendre le Christ ; ou bien : qui descendra de l'abîme ? Cela signifie : en faire remonter le Christ d'entre les morts – ici le "qui" de l'interrogation est négatif : c'est-à-dire "ne dis pas que cela n'est pas" – mais que dit-il ? Près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur – citation de Dt 30 – et c'est cela la parole de la foi que nous proclamons. »

arbre, ciel terre, gauche, droite, soleil lune, arbreOr c'est donc le même qui décrit ces dimensions de l'espace, et qui inaugure cet espace, car il monte et il descend afin de remplir toutes choses.

Dans notre verset 10, nous avons le verbe plêreïn (remplir) qui a pour substantif plêrôma. Il a été commenté au verset 8, en fonction  du texte du psaume, par le mot edôken (il a donné) des dons aux hommes c'est-à-dire qu'il est commenté par la diffusion ou le don du Pneuma (de l'Esprit). Nous savons que "remplir" et "donner" sont deux termes caractéristiques du Pneuma, employés spécifiquement pour le Pneuma.

 

●  Parenthèse sur le mot "plérôme" et le verbe plêreïn (emplir, accomplir).

Il nous faudrait ici étudier la notion de Plérôme, mais nous le reverrons attentivement plus tard. Nous voulons simplement signaler ici trois choses dont voici les deux premières, nous verrons la troisième à la fin.

1. Ce terme de plêreïn et le substantif plêrôma ont à la fois un sens spatial et un sens temporel, c'est-à-dire que le verbe se laisse traduire et par "emplir" et par "accomplir". "Emplir" est la traduction la plus courante. Et là nous ne faisons pas allusion au sens technique que prendra le terme plêrôma dans certaines pensées du IIe siècle[1]. Mais antérieurement à cela, lorsque Paul par exemple cite en 1 Cor 10, 26 le Psaume 24, 1 « la terre appartient au Seigneur ainsi que son plérôme » donc ce qui l'a remplie, le stique suivant du Psaume nous permet, en vertu du parallélisme, de voir que ce plérôme c'est « la terre (l'orbe terrestre) et ceux qui l'habitent ». Là encore "emplir", "habiter" sont deux termes essentiellement du Pneuma.

Nous ne sommes pas trop habitués au sens temporel et pourtant il s'impose. En effet, quand nous parlons de "la plénitude des temps" (par exemple Ga 4, 4), nous ne traduisons pas très bien le grec plêrôma tou khronou, qui veut littéralement dire "l'accomplissement des temps".

Nous vous signalons donc ce double sens de façon sommaire simplement pour que, dans la lecture des passages de Paul, nous essayions de nous habituer, non pas à dire qu'il y a deux sens, mais à essayer de voir comment le même mot peut avoir simultanément cette double sensibilité par rapport à l'espace et par rapport au temps. Peut-être qu'une réflexion sur l'accomplissement d'un espace pourrait ici nous être utile. Il est certain que les sculpteurs, ou mieux encore peut-être les architectes qui sont des spécialistes de l'espace, pourraient ici comprendre et nous apprendre des choses par rapport à la notion vulgaire d'espace qui est la nôtre.

2. Deuxième remarque à propos du mot plêrôma : ce mot a un sens passif et un sens actif. Nous donnons un exemple de chacun.

En Col 1 nous avons vu[2] que "plérôme" était plus ou moins synonyme de ta panta (toutes choses) ou de soma (le corps) qui est l'Ekklêsia[3] (l'Église). Donc le Plérôme c'est l'Ekklêsia ou, dit autrement, l'accomplissement de Dieu c'est l'Ekklêsia.

Cependant il y a un autre texte, Col 2, 9, où il semble que plêrôma désigne l'Esprit Saint. En effet, il est dit : « En lui (le Christ) Dieu (le Père) a fait habiter tout le plérôme (toute la plénitude) de la divinité – or la plénitude de la divinité qui habite dans le Christ, c'est le Pneuma (l'esprit, le souffle) du Christ ; et, dit le texte, il l'a fait habiter en lui corporellement (sômatikôs). » Ici il ne s'agit absolument pas d'incarnation. Il s'agit du Christ rempli de l'Esprit Saint, de l'Esprit du Père, ce Pneuma (Esprit) qui est en lui sômatikôs c'est-à-dire en compact et qui sera ensuite répandu sur l'Ekklêsia, sur ceux du Christ.

La remarque que nous voulons faire ici, c'est donc qu'il semblerait que dans un sens Plérôme désigne l'Ekklêsia et dans un autre sens désigne le Pneuma (l'Esprit). Devant cette difficulté les exégètes classiques sont très souvent enclins à supprimer l'un des termes de la difficulté, à expliquer par exemple que dans Col 2, 9 il s'agit de l'Ekklêsia qui est appelée "Plérôme de la divinité" en ce sens que c'est le "Plérôme accompli par la divinité" (donc explicitation du génitif[4]). Ils font cela pour répondre à une difficulté mais ce n'est pas ce qui est suggéré spontanément par le texte. Ce que nous voudrions au contraire qu'on garde, c'est précisément ce sens simultanément actif et passif, c'est-à-dire ce qui permet de déceler une certaine identité entre l'Esprit Saint et l'Ekklêsia. Tout ceci n'est évidemment pas sans poser beaucoup de questions et de risques.

En un certain sens il y a Plérôme en tant qu'emplissant ou accomplissant, et Plérôme en tant qu'empli ou accompli.

Du point de vue passif de l'empli (ou de l'accompli), c'est-à-dire du point de vue de l'Ekklêsia, il y a aussi place pour le point de vue du s'accomplissant, de "l'en train de s'accomplir". Et "l'en train de s'accomplir" c'est ce que Paul appelle l'accroissement ou la construction du corps. C'est là qu'il faut lire la suite de notre passage.

 

2) Versets 11-16. L'en train de s'accomplir.

11En lui il a donné (d'être), les uns apôtres, les autres prophètes, les autres évangélistes, les autres pasteurs et enseignants – Les énumérations des fonctions dans l'Église ne sont pas toujours les mêmes mais il y a souvent la fonction d'apostolos (celui qui annonce), de didascale (celui qui enseigne) et de prophêtês, et il pourrait se faire que la prophétie du Nouveau Testament qui ne se réfère pas aux prophètes de l'Ancien Testament, ne soit pas une parole d'enseignement mais une parole de proximité.

Vous avez une énumération de ce genre en 1 Cor 12, 4 où les différentes fonctions dans l'Église sont énumérées en référence à l'unique Pneuma : « Il y a diversité de dons (kharismata) mais il y a un seul pneuma » donc nous sommes bien en contexte pneumatique (spirituel).

12en vue de la bonne harmonie des consacrés, pour l'œuvre de la diaconie, pour la construction du Corps du Christ.

Construction du corps du Christ ? Si l'on s'en tient à l'imagerie qui nous est familière, il nous faudrait dire qu'il y a ici une incohérence de métaphore : on construit une maison mais un corps s'accroît ou croît. Or justement il faut bien voir que chez les Anciens ces mots (construire, croître) sont pris avant qu'ils ne soient dans leur zone d'univocité, et c'est ce qui permet cette apparente incohérence de métaphore : la construction du corps du Christ.

13jusqu'à ce que nous soyons tous conduits à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu vers (éis) "l'homme achevé" (parfait).

Le mot téléion signifie "achevé", "parfait" au sens de ce qui n’est pas seulement fait, mais par-fait, achevé, accompli. Le mot "accompli" correspond à un autre verbe qui est plêroun (compléter) mais on peut quand même dire ici : "l'homme accompli".

Nous avons déjà vu dans cette même épître[5] "l'homme nouveau" (Ep 2, 14-19) qui se retrouve plus loin (Ep 4, 22-25), "l'homme intérieur" (Ep 3, 14-18). Et ici nous avons "l'homme parfait". Mais, lorsqu'il s'agit justement de ce point de perfection, ce n'est plus le terme d'anthropos qui est utilisé comme dans les cas précédents, mais c'est le terme aner (le mâle), ce qui est une marque de perfection dans la symbolique des Anciens.

Pentecôte sur l'humanité pour (éis) la mesure de l'âge (adulte) de l'accomplissement (plêrômatos) du Christ. – Voici un exemple où le mot "plérôme" signifie accomplissement puisqu'il est mis en rapport avec l'âge adulte.

À propos de l'homme parfait (accompli), je crois qu'il ne faut pas choisir entre le corps du Christ et l'homme intérieur en tant qu'homme individuel. C'est nous qui mettons ces différences. Justement, ce qui est en question c'est le rapport de l'un et des multiples, et c'est ce qui est à viser, à savoir que si je ne suis pas le Christ, le Christ est plus moi que moi. Le Christ n'est pas moi "parce que" – et non pas "bien que" – il est plus moi que moi, et c'est cela l'homme intérieur.

14En sorte que nous ne soyons plus des enfants agités et emportés à tout vent de doctrines par le jeu des hommes – il y a donc opposition entre l'âge adulte et l'enfant ; et l'enfant est pris dans une symbolique partielle, à savoir en part négative : ce qui est la caractéristique de l'enfance ici c'est de n'avoir pas de fixité dans son espace – par leur astuce pour fourvoyer dans l'erreur (plané). – Il faut bien voir que plané signifie aussi bien l'errance que l'erreur, et ceci par opposition au terme d'alêtheia (vérité) qui vient après et qui marque le caractère de fixité, de solidité, par opposition à l'errance, doctrine qui sera fortement développée au IIe siècle[6].

15Mais, faisant la vérité (alêtheuontes) la vérité, au sens du contraire de l'errance dans l'agapé – c'est le soin réciproque qui va exister dans l'espace nouveau et qui constitue le solide (la vérité) de cet espace au contraire des vents de discorde.

On traduit alêtheuontes  par « faisant la vérité » mais c'est impropre car la vérité n'est pas ce que nous appelons, nous, la vérité. Nous appelons la vérité la justesse qui existe entre le concept et la réalité, ou alors nous appelons la vérité une certitude. Ici il ne s'agit pas de cela. Le terme alêthéia ne se découvre pas d'après notre notion d'erreur mais d'après la notion d'errance : "faisant la vérité" indique un caractère de fixité, de solidité par rapport à l'errance. Et cette vérité est "dans l'agapê", dans le soin réciproque qui constitue le solide de cet espace nouveau dans lequel nous sommes convoqués à nous tenir pour n'être pas des enfants au sens négatif, pour n'être pas exposés aux vents de discorde.

…nous croissions vers lui en totalité – ce nouvel espace est le lieu de croissance jusqu'à l'âge adulte,c'est-à-dire vers l'accomplissement de ce qu'il est – lui qui est la tête, le Christ il est la tête du corps qui est l'Ekklêsia en tant qu'il le contient, qu'il le maintient –  16de qui tout le corps co-harmonisé et co-affermi, grâce à toutes les articulations, selon l'énergie à la mesure de chacun, accomplit la croissance du corps pour sa construction dans l'agapé. »

Voilà vraiment un très beau passage.

 

le 'Je christique'●  Parenthèse sur l'expression "Corps du Christ".

Il y a deux origines différentes à l'expression "Ekklêsia (Église) corps du Christ" qui se cumulent mais qui ne s'égalent pas :

– une qui est liée à l'idée de "faire corps", c'est une expression qui existe dans notre langue : la diversité des membres pour l'unité d'un corps. C'est une idée qui existe déjà un peu dans le monde grec ;

– une où le corps est mis en rapport avec la tête. C'est une idée qui est puisée à une tout autre source que celle de la multiplicité des membres, puisque c'est l'exégèse du début de la Genèse. Le premier mot be-reshit, en hébreu – que Chouraqui traduit par en-tête – est composé du mot reshit qui a été traduit par arkhê en grec, et qui a pour racine rosh (la tête). Le rapport de la tête à ce qui s'ensuit est un rapport essentiel dans la méditation des premiers versets de la Genèse : le commencement est arkhê et l'accomplissement est la récapitulation. Le mot récapitulation désigne la reprise à partir de ce qui venait en tête, de ce qui était à la tête. Vous savez en effet que le mot tête a deux sens : "être à la tête de" qui a le sens de commandement, et "venir en tête" qui a le sens de commencement. Le mot de récapitulation nous l'avons vu en Ep 1.

 

●  Suite de la parenthèse sur le mot "plérôme" : troisième point.

Avant de terminer je signale un troisième et tout dernier point à propos de Plérôme. Nous avons vu

  • en premier lieu qu'il avait à la fois un sens spatial et un sens temporel,
  • en deuxième lieu qu'il avait à la fois un sens actif et un sens passif,

en troisième lieu je signale qu'il désigne à la fois le Christ et le Pneuma (l'Esprit).

Là nous nous acheminons vers ce qui sera notre seconde partie du cours. Nous aurons à voir que, au plan où nous nous situons, il y a une certaine identité entre le Christ et son Pneuma (son Esprit), seulement nous aurons à voir que le Christ désigne cela sur mode de solide et que le Pneuma le désigne sur mode de répandu : le Pneuma, c'est le Christ répandu. Voilà ce qu'une lecture structurale nous permet de déceler comme imagerie dans ce qui est dit en ce discours.

Nous ne disons pas que l'Esprit n'est pas une personne distincte du Christ, c'est une question qui peut se poser ensuite[7]. Ce que nous disons c'est que cette considération-là ne nous aide en rien à la saisie du discours de Paul, de ce qui est visé par Paul ici où c'est l'aspect d'une certaine identité entre le Christ et le Pneuma qui est très fortement marqué. La notion d'identité est très importante dans tout le contexte de cette épître aux Éphésiens puisqu'aussi bien c'est cela qui, au chapitre 5 se dégage de la notion : de deux qu'ils étaient, ils seront un seul corps, le Christ et l'Ekklêsia, une seule réalité : « 31Pour cela l'homme quittera son père et sa mère et s'accolera à sa femme et ils seront deux pour être une seule chair. 32Ce musterion (ce mystère) est grand et moi je le dis du Christ et de l'Ekklesia. »[8]

Dans le texte de Col 2, 9 auquel nous avons fait allusion tout à l'heure, la même notion de solidité, ou le caractère de compact, de réuni, ou d'unifié se trouve marqué par l'adverbe sômatikôs (corporellement) : toute la plénitude de la divinité se trouve en lui, le Christ, mais en lui pas sous l'aspect répandu, en lui sous l'aspect unifié ; et c'est ce Pneuma qui est unifié en lui qui sera répandu sur l'Ekklêsia. Ceci correspond à peu près à ce que saint Jean dit lui-même : « de son plêrôma (de sa plénitude) nous avons tous reçu. » (Jn 1)

Que le Christ soit empli de Pneuma, cela nous le savons puisque le mot christos signifie "oint", et que c'est de Pneuma qu'il est imprégné, empli. C'est pourquoi nous trouvons dans notre texte la mention de l'homme mâle, qui est le Christ, en tant qu'il a en lui-même la femelle, c'est-à-dire l'humanité. Je prends les termes "mâle" et "femelle" car dans de la Genèse il n'est pas écrit : « Il les créa homme et femme », mais : « Il les créa mâle et femelle ». C'est pourquoi le mot "homme" que nous avions au verset 13 était anêr (l'homme mâle) car il dit l'accomplissement.

Ce qui est en question ici c'est donc dans l'Esprit le rapport singulier du Christ par rapport à la totalité de l'humanité.



[3] Le mot Ekklêsia est ici à entendre comme étant toute l'humanité convoquée. Cf. Différents sens du mot Église (Ekklêsia) chez st Paul et au Concile Vatican II. Qu'est-ce que la "sainte Église catholique" ?.

[4] Le génitif grec qui se traduit par un "de" peut être subjectif ou objectif, de même que "le tableau de Paul" signifie "le tableau réalisé par Paul", mais "la ville de Paris" c'est "la ville qu'est Paris".

[6] J-M Martin fait allusion aux errances de Sophie la Sagesse, Cf. Les malheurs de Sophie la Sagesse. Extraits de la Grande Notice d'Irénée.