À la fin du chapitre 13 Jésus a annoncé son absence prochaine, et dans les chapitres 14-17 il annonce sa présence sous d'autres formes. En Jn 14, 23-29 il répond à une question de l'un des apôtres sur cette présence nouvelle qui est manifestation aux disciples mais "pas au monde". Plusieurs thèmes sont alors abordés : le thème de l'agapê (amour, charité…), le thème du Pneuma Sacré (Esprit Saint, Souffle Saint…), le thème du "se ressouvenir"…

Jean-Marie Martin qui est spécialiste de saint Jean nous guide pas à pas dans des notions où il est facile de faire des contre-sens !

Ceci est un enseignement donné en session où il n'avait sous les yeux que la version grecque du texte, traduisant donc à la volée. Voici d'abord le texte dans la traduction de la TOB :

  •    « 22Jude, non pas Judas l'Iscarioth, lui dit: «Seigneur, comment se fait-il que tu aies à te manifester à nous et non pas au monde ? » 23Jésus lui répondit:
       “Si quelqu'un m'aime, il observera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. 24Celui qui ne m'aime pas n'observe pas mes paroles; or, cette parole que vous entendez, elle n'est pas de moi mais du Père qui m'a envoyé. 25Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous ; 26le Paraclet, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. 27Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. 28Vous l'avez entendu, je vous ai dit: "Je m'en vais et je viens à vous". Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi. 29Je vous ai parlé dès maintenant, avant l'événement, afin que, lorsqu'il arrivera, vous croyiez.
       30Désormais, je ne m'entretiendrai plus guère avec vous, car le prince de ce monde vient. Certes, il n'a en moi aucune prise ; 31mais de la sorte le monde saura que j'aime mon Père et que j'agis conformément à ce que le Père m'a prescrit. Levez-vous, partons d'ici!”»

 

Jn 14, 23-29

Le "se présenter" du Ressuscité

 

Les apôtres et l'absence de JésusLe chapitre 14 appartient à un grand ensemble qui va du chapitre 14 au chapitre 17. Néanmoins, il constitue déjà en lui-même un tout, et nous allons voir que des thèmes du début reviennent vers la fin.

 

Le préambule.

Juste avant notre texte il y a la question de Judas au verset 22 : « Judas, non pas l'Iscariote – il s'agit du Judas qui est un des Douze – “Seigneur, comment se fait-il que tu doives te manifester toi-même, mais non pas au monde ?” » C'est-à-dire : « pourquoi te manifester à nous et pas au monde ?»

23Jésus répondit et lui dit…

Est-ce que Jésus va vraiment répondre à la question ? Apparemment non si on regarde le texte. Mais en fait oui. Toutefois, ce n'est peut-être pas à la première lecture que nous verrons en quoi c'est une réponse. Voyons ce qu'il dit.

 

Le discours de Jésus

 

1) Versets 23-24. Les thèmes de l'agapê et de la Parole.

« Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole – au verset 15 nous avions « Si vous m'aimez, vous garderez mes dispositions »[1], et ici, nous avons la meilleure formulation car "garder la parole" c'est la même chose que "garder les dispositions", mais c'est une meilleure formule, équivalente de la première – et mon Père l'aimera – en effet, il garde la parole, il est dans l'agapêet nous viendrons – venir, pluriel de erkhomaïauprès de lui, et nous ferons notre demeure auprès de lui” – nous demeurerons, nous ferons notre demeure, méneïn. Nous sommes apparemment dans la suite du développement sur l'agapê comme présence qui a été annoncée, mais ici nous sommes dans le champ de la manifestation. Apparemment il n'en a rien dit. La même formule est reprise, mais à l'envers comme souvent chez saint Jean.

24Celui qui n'aime pas mes paroles ne les garde pas, et la parole que vous entendez n'est pas ma parole, mais la parole de mon Père. » Apparemment, il n'y a pas la réponse à la question : « Pourquoi te manifestes-tu à nous et non pas au monde ? » Nous allons aller plus loin. Nous verrons qu'il y a une véritable réponse à "notre" question.

 

2) V. 25-26 ; Le pneuma-Paraclet et le "se présenter" du Ressuscité.

Jn 14, Esprit Saint

 

a) Versets 25-26. Le Pneuma-Paraclet.

« 25Je vous ai dit ces choses étant auprès de vous, 26mais le paraklêtos, le Pneuma Sacré… – le souffle sacré, l'Esprit Saint si vous voulez, puisque hagion, que nous traduisons souvent par "saint" serait mieux traduit par "sacré", à condition qu'on s'interroge sur ce que veut dire sacré. Voilà une autre dénomination du pneuma : Pneuma Sacré. C'est ce qui lui permet d'être un "pneuma de consécration" comme le dit Paul.

Le Pneuma est aussi appelé "Paraclet". Cependant "Paraclet" n'est pas le nom propre désignant ce que nous appelons la troisième personne de la Sainte Trinité puisqu'au premier chapitre de sa première lettre saint Jean dit: « Si nous péchons, nous avons un paraclet : Jésus, le juste (le bien ajusté) » : là c'est Jésus qui est paraclet. D'ailleurs au verset 15 il est question d'un "autre paraclet" : « Si vous m'aimez, vous garderez mes dispositions et je prierai le Père et il vous donnera un autre paraclet (une autre parole assistante) » (Jn 14, 15-16), Mais nous avons déjà appris que, chez saint Jean, autre signifie le même : un autre paraclet, c'est-à-dire une autre modalité de présence de moi-même. Mais alors, direz-vous, cela supprime la troisième personne de la Trinité ! Mais non ! Le propre de ce que nous appelons le mystère de la Trinité, c'est qu'il nous faut re-méditer le rapport du même et de l'autre : un et trois différents. Là, nous avons un lieu, une méditation à reprendre sur le même et l'autre, comme un chemin qui n'a pas été le chemin emprunté par la théologie classique dans ce domaine. Ceci est une parenthèse.

que le Père enverra dans mon nom – "Dans mon nom", ceci est très important. Chez nous, faire quelque chose au nom de quelqu'un d'autre, c'est le faire à sa place et en son absence, alors que chez les Anciens, le nom c'est l'identité même. "Mon nom" c'est mon propre. "Être dans mon nom", c'est être dans mon propre. Autrement dit, le Pneuma et le Christos ne sont pas disjoints ici. Le Christos, c'est le Verbe en tant que oint en plénitude du Pneuma. Ils ne sont, de fait, jamais l'un sans l'autre. Même quand le Père envoie et que le Fils vient, ils ne cessent pas d'être ensemble. Même la théologie la plus classique et la plus conceptuelle sait cela.

« L'Esprit Saint que le Père enverra dans mon nom » c'est-à-dire comme ma présence, dans ma présence. Nous allons maintenant porter attention aux verbes qui vont être employés pour désigner l'action du pneuma.

celui-ci vous enseignera la totalité – voilà un point extrêmement important, le pneuma "enseigne". Non pas qu'il dise d'autres choses, pas du tout ! Mais il révèle la plénitude de ce qui était contenu dans les paroles qu'on croyait avoir entendues.

et vous fera re-souvenir (vous remémorera) la totalité de ce que je vous ai dit. – Notez bien qu'il s'agit ici de mémoire dans un sens profond non pas des souvenirs. Et ce qui est indiqué ici, c'est exactement ce que fait saint Jean.

 

b) Le "se présenter" du Ressuscité.

   Qu'est-ce que se remémorer ce qu'a dit le Christ ?

Recherchez dans l'évangile les nombreux endroits où une parole de Jésus est dite et où saint Jean ajoute : les disciples se remémorèrent cette parole et comprirent alors. Qu'est-ce que se remémorer ce qu'a dit le Christ ? C'est l'entend à partir d'où cela parlait, c'est-à-dire à partir de cette mémoire-là qui n'est pas la mémoire individuelle de l'apôtre. Et n'entendez surtout pas que le Saint Esprit ajouterait des dogmes aux dogmes que censément le Christ aurait déjà énoncés… en aucune façon il ne s'agit de cela. Le Christ est la vérité totale et la présence de l'Esprit est notre cheminer vers cette vérité totale. Il parlera et il "dira ce qu'il entend". Le Christ dit cela à plusieurs reprises : je ne parle pas de moi-même, je dis ce que j'entends d'auprès du Père. Cela pourrait nous heurter, car notre idée c'est plutôt : « Il faut parler de soi-même et non pas répéter.» Cette précision de saint Jean est très importante parce que cela peut donner lieu à des contresens extraordinaires.

À propos du "se ressouvenir", saint Jean donne une précision au chapitre 12 : « Ses disciples ne comprirent pas d’abord cela ; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent que cela avait été écrit de lui, et que [c'était] cela qu'on avait fait pour lui» (Jn 12, 16). Ils ne racontent pas ce qu'ils ne comprennent pas. Ils racontent ce qui était à entendre et ce qu'ils entendent maintenant seulement. C'est l'importance de la relecture de l'événement.

 

   L'Évangile comme présence du Ressuscité.

Nous avons donc ici la révélation de la structure même de l'Évangile qui est la mémoire de ce qui n'a pas été vécu. L'Évangile ne raconte pas ce que les apôtres ont vécu. Ils racontent ce qu'ils ont manqué à vivre. Ils sont dans une relecture à partir de la résurrection. Et ça, c'est structurel comme écriture.

Autrement dit, ce n'est pas l'historien conjecturant ce qui a bien pu se passer qui dit la vérité à ce sujet. La vérité de ce qui s'est passé, c'est ce qui s'en montre lorsque la dimension de résurrection de Jésus apparaît. C'est absolument structurel et c'est oublié, évidemment, par toute lecture qui n'est pas une lecture de la parole de Dieu. N'importe qui peut prendre ce texte comme un document d'histoire, ses conclusions seront ce qu'elles sont, ça le concerne, mais il n'entend pas le livre comme il veut être lu. La vraie parole du Christ, ce n'est pas celle que je conjecture qu'il aurait pu dire un jour sur les routes. La vraie parole du Christ est son explicitation dans et par l'Écriture. L'Évangile n'est pas un événement à propos duquel il y aurait de l'écriture. L'Évangile est un événement écrit, ou même est l'écriture de l'événement.

Ce qui est en cause ici, c'est justement que la véritable authenticité du Christ vient de son être-un avec le Père, vient de son identité sur laquelle nous insistons maintenant. Du reste, et plus profondément ici, il y a cette idée qu'entendre, c'est dire, et que dire, c'est entendre.

 

   Le point de résurrection en nous.

Le lieu de la résurrection en nous est l’éveil de la mémoire. Seulement, la mémoire n’est pas à prendre comme notre capacité de se ressouvenir, elle est la présence simultanée de ce que nous appelons le passé, le présent et le futur ; c’est ce qui tient ensemble, dans une simultanéité heureuse, des choses qui, dans un autre sens, se déploient dans une succession, selon l’avant et l’après.

« Ils crurent à l’Écriture ainsi qu'à la parole qu'il avait dite.»  Le point de résurrection, c’est le point qui permet de relire l’Écriture et la parole de Jésus. C’est ce à partir de quoi se lisent l'Ancien Testament et les épisodes vécus avec Jésus. C’est le point focal de tout l’Évangile, à ce titre-là aussi. L’Évangile est tout entier lecture de l'Ancien Testament, ce qui signifie deux choses : 1/ il est dénonciation de la Loi comme loi et 2/ il est accomplissement de la Torah comme torah (pas comme législation). C’est d’ailleurs un grand thème paulinien. La résurrection est le site d’où tout se voit.

Le Nouveau Testament n'est pas un recueil de souvenirs. Il est la remémoration méditante de quelque chose, ce qui est une autre dimension.

 

   Le "se présenter" du Ressuscité.

Chez Saint Jean "Pneuma" dit toujours "Pneuma parlant", c'est-à-dire le souffle comme désignation de la parole vivante, de la parole effectivement prononcée. Si bien que la parole de saint Jean que nous lisons devra, à terme, être entendue comme la parole qui est Pneuma, comme la paraclèse, comme la présence vivante du Ressuscité, comme ce par quoi ce parler-là en tant qu'effectivement entendu, est le "se présenter" du Ressuscité.

 

   Temps mortel et temps de résurrection.

C'est le Pneuma qui nous conduit au site d’où se voit le "maintenant". « L’heure vient et c'est maintenant ». Tout vient chez Jean : c'est le Christ, c'est "mon heure", cette heure qui n'est pas une heure parmi les heures, mais l’Heure, celle de l’ouverture de la retenue des temps qui se déploient.

La temporalité est un des modes de déploiement. Nous le vivons, nous, non pas sur le mode du déploiement mais sur le mode du déchirement : une heure chasse l’autre, tue l’autre ; et la dernière nous tue ! C’est le temps mortel ! Le temps du Christ est le temps de résurrection ; c'est un temps qui retient en lui la présence simultanée (non pas contemporaine). C’est un maintenant, mais pas un maintenant du temps.

L’éternité est la chose la plus difficile à penser. Car notre idée d’éternité est faible… Quand on la pense, on la pense sur le mode de l’intemporalité du concept.

 

3)  Versets 27-31.

 

   Le don de la paix.

« 27Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » Le don est le don de la paix. La paix : nous verrons au chapitre 16 qu'un autre nom de ce qui est donné, c'est la joie.

Là, nous avons affaire apparemment à des affects, ce qui touche à la question de l'expérience. Est-ce que la joie et la paix sont des preuves (des indices que nous sommes toujours tentés de rechercher), de l'effective présence ? Voilà une question qui reste posée.

 

   Les deux mondes, et les deux "donner".

Question aussi que la phrase mystérieuse : « Je ne donne pas comme le monde donne. »

Le monde chez saint Jean n'est pas ce que nous appelons "le monde". Le monde dont nous parlons, nous, c'est ce monde-ci qui est un espace régi, donc qui a un prince qui est le prince de ce monde. "Le monde" chez Jean est donc une façon de désigner l'espace régi par la mort et le meurtre. C'est pourquoi l'annonce de l'Évangile est l'annonce d'un autre espace, "le monde qui vient", à savoir le royaume de Dieu qui est régi par la vie et l'agapê, ce qui est le contraire de la mort et du meurtre. C'est l'annonce essentielle qui répond à la question qui est la question porteuse de tout l'Évangile : « Qui règne ? ».[2]

Et il faut savoir que tout mot doit être rapporté à l'une des deux régions comme saint Jean le fait ici pour le verbe "donner" : soit il s'entend dans le champ de la christité (dans l'Évangile), soit il s'entend dans le champ de l'adverse. Il n'a pas le même sens dans les deux cas.

Le verbe majeur de l'Évangile est sans doute le verbe "donner". Donner culmine en se donner, ce qui est le propre du Christ parce qu'il lui est donné, à lui, de pouvoir "se donner", et de se donner pour. Et d'autre part, le donner culmine dans le par-donner. Donc il y a dans ce verbe, quelque chose d'immense, d'essentiel. Seulement, nous sommes prévenus que nous ne savons pas ce que veut dire donner. Le verbe "donner" appartient au merveilleux insu.

Le verbe donner qui est un beau verbe chez nous, ne dit donc pas ce qu'il dit lorsqu'il s'agit de Dieu. Ça, c'est quelque chose à entendre ! On peut traduire : le sens mondain du verbe donner n'est pas le sens évangélique (le sens christique). « Je ne donne pas comme le monde donne. » En effet, si chez nous donner est beau, il est rare qu'il ne soit pas entaché de quelques obligations, ligatures (il faut donner) ou, plus sournoisement, volonté de donner pour attacher. Je ne dis pas que c'est toujours le cas, mais ce sont les risques majeurs du verbe "donner".

 

   Nouvelle annonce par Jésus de son "aller vers le Père" comme "venir vers nous".

 « Que votre cœur ne se trouble pas ni qu'il ne s'inquiète – Voilà qui rappelle le début du chapitre. – 28Vous avez entendu que je vous ai dit : "Je vais et je viens près de vous". – Aller vers le Père, ce n'est donc pas nous quitter, ça peut être, en un certain sens, venir vers nous. Non seulement qu'il aille est la condition extérieure pour qu'il vienne, mais le geste d'aller est un geste de venir. En effet, à la mesure où il va vers le Père, il est attesté comme Fils, donc il vient à nous comme Fils, plus précisément comme Fils un et unifiant.  Ce venir de Dieu, sa présence, est en même temps un absentement. La nouvelle présence révèle, mais elle révèle que Dieu n'est pas contenu en elle, c'est-à-dire que la dimension d'absence doit être au cœur de la présence. Dieu vient vers nous en manifestant la dimension d'humanité qui est en lui, mais en prenant une humanité singulière selon laquelle Jésus est un en plus, mais cet un en plus doit s'effacer pour devenir, non pas un en plus, mais l'unité unifiante de la totalité de l'humanité.

Si vous m'aimiez, vous vous seriez réjouis de ce que je vais vers le Père… – « Je vais vers le Père », la mort du Christ, c'est la joie. C'est la Bienheureuse-Mort-de-Notre-Seigneur-Jésus-Christ. Le mot de "mort", qui est négatif en un sens, et qui est même un synonyme, un nom propre du Satan, a un autre sens qui est la Bienheureuse Mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le thème de la joie qui apparaît ici et qui est récurrent chez Jean sera également repris dans un grand passage du chapitre 16.

… Car le Père est plus grand que moi. » L'expression "plus grand " est une expression constante chez Jean pour dire, soit ce qu'il en est de la résurrection par opposition à ce monde, soit pour dire le Père en rapport à Jésus dans ce monde : « je vais vers plus grand ». C'est un mot qui fait difficulté aux théologiens à la mesure où, d'un autre point de vue, il a été défini au concile de Nicée, très légitimement, que le Père et le Fils sont consubstantiels, égaux, etc. Ceci n'est pas gênant du tout – à condition d'expliquer.

 « 29Et maintenant, je vous dis ces choses avant qu'elles n'arrivent pour que, quand elles arriveront, vous croyiez – et, puisque "croire", c'est "entendre", cela signifie que "vous serez introduits dans l'espace du salut".



[1] Jean-Marie Martin traduit le mot entolé qui normalement signifie "commandement" par "disposition", et dans les versets 15-16 il utilis la formulation du verset 25 qui met non pas entolé mais "parole"  « Si vous m'aimez, vous garderez mes dispositions (ma parole) et je prierai le Père et il vous donnera un autre paraclet (l'Esprit) » (Jn 14, 15-16) sont indiquées les quatre formes de la présence du Ressuscité : l'agapê (l'amour), la garde de la Parole, la prière et le don de l'Esprit. Voir Jn 14, 15-16 : Les quatre formes de la Présence du Ressuscité. Que désignent chacune ?  et Comment entendre le mot "commandement" dans le NT ? Exemples chez saint Jean.