À l'église Saint-Merri de Paris, une autre façon de célébrer pour faire Église s'est vécue. Cela a commencé en 1975 lorsque Xavier de Chalendar a eu en charge le projet « d'inventer et d'assurer une nouvelle présence d'Église », et cela vient de se terminer en ce début d'année 2021[1]. Joseph Pierron (1922-1999) faisait partie de l'équipe de prêtres entre 1988 et 1999, il a fait un article sur ce qui se vivait (Célébrer pour faire Église).

En cette période qui précède le temps de Pâques, voici deux textes écrits par J. Pierron pour ces célébrations. Le premier est paru dans  "Aujourd'hui les chrétiens", n° 190, mai 2000.  Plusieurs des thèmes qui interviennent se trouvent aussi chez Jean-Marie Martin (ami de Joseph) à qui est dédié ce blog.

Voir aussi les autres messages du tag Joseph Pierron.

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Christ arbre de vie comme un propitiatoire

Seigneur notre Dieu
ce Jésus de Nazareth
tu nous le donnes en ce matin de Pâques
comme le nouvel Adam
qui de l'arbre de sa croix
fait l'arbre de vie
qui nous donne la pomme
qui n'était pas faite pour être prise
mais pour être donnée et reçue.
Tu nous le donnes ton Christ
comme la source d'eau vive
jaillie dans le désert
jaillie du côté du Temple.
Tu nous le donnes comme l'étoile du matin
humblement nous l'accueillons
car il est parole de promesse
qui ne cesse de se réaliser.
 
En ce matin de Pâques
tu nous le donnes comme ton Fils
ton Premier-né
en qui tu nous appelles
en nous donnant à chacun un nom secret
c'est ce qu'il a désiré et voulu
la veille de sa mort.
Par ce signe
que tu nous as invités à reproduire
par ce geste imprégné de ta parole
nous exprimons notre foi.
Nous faisons mémoire
de la mort de ton Fils pour nous
de sa résurrection pour nous.
 
Élevé à ta droite
il parle pour nous
En lui par nous
sera dite l'ultime parole
qui est de pardon
au jour que tu as fixé.
 
Envoie sur nous ton Esprit
qui est vie ajustement et lumière
Dieu toi qui veux le bonheur des hommes
et non leur malheur
la vie et non la mort
arrache de nous toute violence
répands la paix sur la terre
par la force de Jésus
ton Fils parmi nous.

 

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Van Gogh, champ de blé, 1988La Toussaint, c'est la moisson,
c'est la récolte, Seigneur,
de cette humanité que tu sèmes
à l'origine
quand tu dis : Lumière soit !
 
La lumière c'est ton Fils
qui est aussi ta Parole
toujours déjà semée,
non encore dévoilée
toujours déjà plantée
au cœur de tous et de chacun.
 
Dès la première parole,
tu voyais déjà se lever
et s'étendre sur le monde des hommes
Celui qui était ton image
l'Homme parfait.
 
Tu as vu le monde en son premier matin.
Tu as vu l'étonnement et le sourire
de l'Adam fraîchement émergé.
Tu voyais déjà la lumière de Pâques
sur le visage de ton Fils
quand la vieille terre faisait peau neuve
et que déjà brillait le jour huitième
ton œuvre neuve, notre appel.
 
Sur le bord des nuits d'homme
frissonne la parole
comme le vent sur le blé à peine levé.
 
Alors pour toi, vint le temps, vint l'heure
de l'espérance nue
de l'espérance muette
de l'espérance nocturne
de l'espérance contre toute espérance.
 
Vint le temps
et c'était une croix dressée
et un homme qui continuait de dire
presque contre l'évidence
ma vie, nul ne la prend
c'est moi qui la donne.
 
En ce matin,
la vie, sa vie, Il nous la donne
sous la réalité de ce pain et de ce vin
que nous partageons.


[1] Le Centre Pastoral (ou plutôt la communauté ecclésiale) qui se réunissait dans l’église Saint-Merri  vient d’être fermé par décret de l’archevêque de Paris, Monseigneur Aupetit.Cf. https://www.la-croix.com/Debats/Saint-Merry-freres-soeurs-Seigneur-2021-02-22-1201142014

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