Dans ce texte de Paul qui est assez difficile on peut discerner plusieurs thèmes : l'idée de l'accession à la co-citoyenneté avec l'idée de la cité et l'idée de réciprocité ; l'idée de construction, ce qui traduit la structuration d'un espace ; et vers la fin du texte on passe de l'idée de cité à l'idée de "temple de l'Esprit", avec là aussi l'idée de réciprocité.

C'est Jean-Marie Martin, spécialiste de saint Jean et saint Paul qui nous guide dans la lecture.

Les deux parties du message proviennent de deux séances différentes d'où quelques redites. Quand il parle J-M Martin n'a que le texte grec devant lui, il traduit donc plus près du grec. Pour ceux qui le voudraient la traduction de la Bible de Jérusalem figure à la fin en annexe, et il serait peut-être bon de commencer par lire ce texte-là…

Ce message est à relier à celui qui précède (Ep 1, 3-23) et à ceux qui suivront (l'Eglise céleste...)

 

Éphésiens 2, 11-22

Être un seul corps en Christ

Devenir une demeure de Dieu dans l'Esprit

 

Christ mille visages1°) Lecture globale du texte et réflexions

  • « 11C'est pourquoi, souvenez-vous que jadis vous les païens (les nations) qui étiez dans la chair, qui étiez prépuces pour ceux qui sont appelés circoncis – distinction entre juifs et païens ; et la circoncision est précisée ici, c'est une opération "chirurgicale" c'est-à-dire une circoncision faite par la main dans la chair, qui s'oppose à ce dont Paul parle parfois, la circoncision du cœur – rappelez-vous 12qu'en ce temps-là vous étiez sans Christ, exclus de la cité d'Israël -ou de la citoyenneté d'Israël (politéias) –, étrangers (xénoï) aux alliances de la promesse, n'ayant ni espérance ni Dieu en ce monde. 13Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez jadis loin, vous êtes devenus proches grâce au sang du Christ. 14Car c'est lui qui est notre paix, lui qui des deux n'a fait qu'un [peuple], détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, 15cette loi des préceptes et des ordonnances, pour créer en lui, des deux un seul homme nouveau, faire la paix 16et les réconcilier les uns les autres avec Dieu, tous deux en un seul corps, par la croix. En lui-même il a tué la haine 17et il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches. 18Par lui nous avons en effet les uns et les autres – c'est-à-dire les deux – en un seul Esprit accès au Père. 19Ainsi donc vous n'êtes plus des étrangers ni des hôtes, vous êtes des concitoyens (sumpolitaï) des saints. Vous êtes de la maison de Dieu (vous êtes les familiers de Dieu) 20car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et prophètes et pour pierre d'angle le Christ Jésus lui-même. 21En lui toute la construction s'ajuste, grandit, pour faire un temple saint dans le Seigneur. 22En lui toujours aussi vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu dans l'Esprit. »

 

Il y a beaucoup de choses dans ce passage difficile dont voici les principaux thèmes :

– Ce que nous voulons d'abord mettre en avant, c'est cette idée de l'accession à la co-citoyenneté avec, derrière, l'idée de la cité comme espace : la ville c'est l'espace de la réciprocité. Nous avons là un des noms de l'être-ensemble.

– Ensuite cette idée de citoyenneté s'exprime dans l'idée de construction, ce qui est très intéressant puisque cela traduit la structuration d'un espace.

– Ensuite, vers la fin du texte on passe facilement de l'idée de cité à l'idée de "temple de l'Esprit" avec là aussi une réversibilité : l'Esprit habite dans le temple, mais nous-mêmes, nous sommes aussi dans l'Esprit Saint.

Le processus nous paraît particulièrement intéressant puisque c'est l'idée de citoyenneté qui éclaire l'idée de cité et non pas l'inverse. Ce n'est pas la cité qui donne ensuite occasion de réfléchir sur la citoyenneté, mais c'est précisément la citoyenneté qui crée la cité.

 

Dans ce texte de Paul la problématique sous-jacente est fréquente chez lui : les nations (les païens) sont également appelées avec Israël. Nous avons fréquemment rencontré ce terme d'"appel" qui joue à nouveau ici où l'appel est un appel à la co-citoyenneté. Cependant, dans le cas de cette problématique, il importe de bien comprendre de quoi il s'agit.

En effet, saint Paul traite du rapport entre les nations et Israël mais il ne traite pas la question du rapport entre les nations et les juifs, car les juifs sont une réalité raciale, une réalité proprement historique, alors qu'Israël est une réalité mystique. Cette distinction, qui peut paraître surprenant au premier abord, a été très nettement mise en évidence par Mgr Cerfaux dans La théologie de l'Église suivant saint Paul où dans les premières pages il étudie les différentes désignations du judaïsme avec la nuance préférentielle de telle ou telle désignation.

Or l'unité en question ici n'est pas le simple rassemblement historique par alliance de deux peuples au sens où l'on passe un traité d'alliance entre des peuples. Il s'agit d'une réalité eschatologique, de l'accession de tous à la citoyenneté profonde qui s'appelle mystiquement Israël. C'est en ce sens que saint Paul dira en substance : « Nous sommes l'Israël de Dieu ».

Cette réflexion est très intéressante d'abord en ce sens que notre conception géographique ou ethnique de peuple ne correspond pas au sens qu'Israël a. En effet l'Israël de Dieu désigne une réalité cachée, préexistante, qui doit se découvrir. Et c'est en ce sens qu'il arrive aux prophètes de dire en substance : « Vous n'êtes pas l'Israël de Dieu »[1].

Voilà une première disjonction, une première faille, faille qui sera souvent reprise par le Nouveau Testament dans la polémique entre judaïsme contemporain et christianisme naissant de telle sorte que la mystique chrétienne reprendra pour elle la visée à être l'Israël préexistant, l'Israël de Dieu. Cela donnera naissance à la formule de "l'Église d'avant le soleil et la lune", de même que l'Israël était parmi les premières choses préexistantes, près du Messie, avant tous les temps, de la même manière.

Si nous voulions être simplement approximatifs, nous dirions que ce n'est pas simplement une question ethnique, raciale, ou politique dans notre sens, qui est en question ici, mais qu'elle est affectée - comme disent les auteurs qui traitent de cela - d'une qualification mystique, d'une qualification religieuse. En fait, c'est encore une mauvaise façon de parler parce que nous continuons toujours à parler comme si le point de vue proprement ethnographique était le point de vue de base. En réalité il faudrait se resituer dans l'intégralité de cette perspective.

Nous avons coutume de considérer le christianisme naissant comme un fait d'histoire, c'est-à-dire de le lire précisément en rapport avec ce qui le précède dans l'histoire, dans la continuité de deux alliances – une première alliance et la nouvelle alliance – la nouvelle alliance mettant en cause la première. C'est un niveau qui a été effectivement entendu, une prise de conscience qui a été effectivement faite par le christianisme naissant. Mais simultanément, il y a quelque chose de plus profond, non pas simplement dans l'ordre de la succession historique, mais dans l'ordre de la visée eschatologique.

En d'autres termes, l'apparition du Christ n'apporte pas simplement quelque chose de nouveau par rapport au judaïsme, mais quelque chose de radicalement nouveau, de toujours déjà nouveau. C'est nouveau par rapport à Adam même, ce qui fait que le Christ est nouvel Adam, et non pas simplement quelqu'un qui remplace Moïse au plan de l'histoire.

 

2°) Lecture suivie

Prenons verset par verset ce texte.

 

« 11Aussi, souvenez-vous que jadis, vous les goïms selon la chair, – saint Paul s'adresse aux païens et il faut savoir que, si l'épître aux Éphésiens est largement construite sur le rapport des juifs et des païens, il ne s'agit pas des juifs et des païens au sens usuel du terme mais il s'agit des chrétiens dont certains sont d'origine juive et d'autres d'origine païenne. Quand il dit "nous", c'est "nous les chrétiens d'origine juive" et "vous" ce sont les chrétiens d'origine païenne, donc sans doute la majorité de l'Église d'Éphèse.

ceux qui sont dits ¨prépuce (incirconcision) par la dite circoncision - faite à la main dans la chair – "la circoncision" est l'un des noms par lesquels Israël se désigne lui-même par opposition aux autres qui sont "l'incirconcision" (le prépuce). Saint Paul distingue ici une "circoncision chirurgicale dans la chair" et une "circoncision spirituelle". En effet c'est un des traits secondaires du baptême que d'avoir été dénommé "circoncision spirituelle". La même distinction a été faite à propos des sacrifices dans l'opposition entre les sacrifices sanglants et les sacrifices spirituels.

12Vous étiez en cette époque sans Messie sans attente d'un Messie (Christ) écartés de la citoyenneté d'Israël – Israël est considéré ici dans le langage de la polis (la citoyenneté) mais la même chose peut être dite dans le langage de l'oïkos (la demeure, la maison). Et dans notre histoire, il y a l'opposition entre la polis et l'oïkos. Ainsi avec Antigone c'est le triomphe de la polis (c'est-à-dire de Créon) sur l'oïkos (la demeure dans ses traditions ancestrales). Antigone est à la fois libre et en défense par rapport à ses traditions ancestrales, mais ici cette opposition ne joue pas. Donc Paul emploie le terme politéia.

Ce que nous voulons retenir ici, c'est l'accession à la concitoyenneté : être concitoyen d'Israël. Il s'agit ici d'une problématique fréquente chez saint Paul, à savoir que les nations sont également appelées avec Israël. Or là aussi il faut bien comprendre de quoi il s'agit. Saint Paul ne dit pas "les nations avec les juifs" mais "les nations avec Israël". En effet, "juifs" est une réalité raciale alors que "Israël" est une réalité mystique. Et l'unité en question n'est pas le rassemblement par alliance de deux peuples ou de plusieurs types de peuple, au sens d'un traité entre des peuples ; la réalité dont il s'agit, c'est d'une réalité eschatologique, c'est l'accession de tous à la citoyenneté profonde qui s'appelle mystiquement Israël. Saint Paul dira par exemple : c'est nous qui sommes "l'Israël de Dieu". Israël n'a pas le sens racial ou géographique que possède le mot "les juifs". Et ce qui est en question pour Paul, c'est l'accession des nations non pas au judaïsme, mais l'accession à l'unité de la politéia, à cette citoyenneté dans l'Esprit.

et étrangers aux alliances de la promesse – l'alliance, quand elle est mise au singulier, désigne "l'alliance faite avec Moïse" à quoi on opposera "la nouvelle alliance" ; c'est une des oppositions entre l'ancien et du nouveau, c'est-à-dire une opposition entre les pratiques d'Israël et la nouveauté évangélique. Cette opposition n'est pas exactement de même nature que l'opposition entre la chair et l'esprit, et elle est souvent dite dans le langage de l'opposition entre le corps et son ombre. Par exemple il est dit qu'Adam est “le tupos (type) de celui qui devait venir” (Rm 5, 14). Tupos c'est la marque frappée anticipante ; ce n'est pas la présence encore mais c'est une marque. C'est l'une des façons dont le rapport entre Israël (au sens classique) et l'Évangile se pense dans le Nouveau Testament.

Quand le mot "alliance" est au pluriel c'est qu'on veut les énumérer. En effet il y a l'alliance en Noé, l'alliance en Abraham, l'alliance en Moïse. Mais quand c'est au singulier c'est toujours l'alliance de Moïse. Par contre, la figure de la promesse est une référence à Abraham et à Isaac.

n'ayant pas d'espérance et sans dieu dans le monde. – La caractérisation d'être "sans dieu" est étrange, car des dieux, les Grecs en avaient beaucoup, et au contraire, ce sont les chrétiens qui sont considérés comme athées car ils n'honorent pas les dieux de l'empire ! C'est assez intéressant parce que vous avez ici un vocabulaire où on rappelle des caractéristiques qu'Israël se reconnaît lui-même, mais on les caractérise désormais en comparaison avec la nouveauté christique.

Dans ce verset 12 nous avons une opposition entre le concitoyen et l'étranger, à quoi correspond en langage spatial l'opposition du loin et du près qui est donnée au verset 13 et qui est empruntée à Isaïe : « Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est près ! dit YHWH. » (Is 57, 19)

13Voici que maintenant, dans le Christ (Messie) Jésus, vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, dans le sang du Christ. – Le loin et le près : l'expression va être reprise, elle aussi. Il s'agit donc des païens qui étaient loin alors que sans doute les juifs étaient près. Mais ils ne sont pas mis exactement sur le même plan.

  • Parenthèse. Nous vous invitons à réfléchir sur le caractère prioritaire, en langage spatial, des notions de près et de loin, qui sont des notions plus que géométriques. Près et loin, ce n'est pas géométrique, mais c'est le moment où l'espace est premièrement appréhendé… car nous appréhendons d'abord une proximité ou un éloignement, et c'est sur la base de cette première appréhension que se constitue ensuite la notion d'espace, et même éventuellement d'espace mesurable.
    Loin et près désignent ici des oppositions, mais il faut savoir que dans une pensée plus radicale dont saint Jean serait plus familier que Paul, loin et près ne sont pas nécessairement des contraires (comme ici) puisque l'éloignement est la condition même de la proximité : il n'y a pas de proximité sans éloignement. Je dis cela parce que, à propos de l'ancien et du nouveau, il n'y a pas exactement le même traitement dominant chez Jean et chez Paul. Chez Jean, plus c'est ancien et plus c'est nouveau, car nous sommes dans la perspective où ces termes ne sont pas considérés comme des contraires, sinon dans une sorte de coïncidentia des contraires – par exemple en 1 Jn 3, 11 je vous annonce une annonce ancienne, à savoir, "que vous vous aimiez les uns les autres", et cette annonce est nouvelle –, et Jésus vient après le Baptiste parce qu'il était avant. Il y a une ancienneté qui n'est pas l'ancienneté dénoncée, la vieillerie dénoncée mais qui est la racine c'est-à-dire le moment séminal de ce qui se montre en second lieu. En 1Cor 15 l'Adam charnel vient avant l'Adam spirituel.

14Car c'est lui qui est notre paix – ce verset nous dit que la caractéristique du "près" c'est la paix : être près, c'est être en paix ; être loin, c'est la haine. Et l'action du Christ a été de détruire la séparation (ou la haine), et par suite de poser le fondement de l'espace de paix.

Ici le mot "notre" ne correspond pas à "nous les chrétiens d'origine juive" comme parfois dans le texte, c'est désormais un "nous" qui est commun aux chrétiens d'origine juive et à ceux d'origine païenne. Là aussi le rapport juifs et nations n'est pas toujours au même niveau de pensée.

lui qui a fait des deux, un – le thème du "un" apparaît ici. C'est un thème fondamental et chez Paul et chez Jean.

Chez Jean ce thème de l'unité se dit à la fois :

  • dans le vocabulaire de la paternité / filiation (« le Père et moi nous sommes un »),
  • dans le vocabulaire nuptial du rapport de l'homme et de la femme (« l'homme quittera son père et sa mère pour que de deux qu'ils sont, ils soient vers un »),
  • et dans le vocabulaire des multiples (les dispersés « qu'il les rassemble pour être un »).

Autrement dit vous retrouvez déjà ici deux dualités fondamentales, la dualité générationnelle et la dualité sponsale qui sont toutes deux des expressions intra-trinitaires, Père/Fils et Christ/Pneuma.

détruisant le mur de séparation, – ici c'est comme un diaphragme – la haine (l'inimitié), dans sa chair, – il faut voir les ponctuations. Tout à l'heure nous avions « dans son sang » et ici « dans sa chair » et aussi plus loin « par sa croix ». Ce sont des termes qui disent la même chose, donc ce sont des façons de dire « par la mort christique » : c'est la mort christique qui détruit le mur de séparation, cette séparation étant entendue au sens d'un déchirement.

Mais alors on peut se poser la question : comment la mort de quelqu'un peut-elle produire cela ? C'est là qu'il faut penser la mort christique dans son propre qui est de n'être pas une mort pour la mort.

15réfutant (désœuvrant) la loi des préceptes (qui sont) dans des prescriptions

pour créer en lui les deux pour (être) un seul Homme nouveau, faisant la paix, 16il les réconcilia, les deux en un seul corpsle corps n'est plus immédiatement le corps de la mort du Christ, mais c'est le corps des réunis – pour Dieu, par sa croix – le corps mortel du Christ est noté comme chair, sang, croix. Ce sont des expressions pauliniennes qui disent la même chose.

ayant tué la haine (ayant tué l'inimitié) en lui – ceci est à méditer car c'est quelque chose qui ne va pas de soi. Que veut dire que la mort christique met à mort l'inimitié ?

17Et étant venu, il annonça la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient prochesceci s'inspire d'Isaïe 57, 19[2]18par lui, en effet, nous avons accès, les uns les autres dans un seul pneuma, auprès du Père. – Remarquez que ce verset est trinitaire : « par lui (le Christ) nous avons les deux (ou les divisés) accès dans un seul Pneuma (dans l'Esprit) vers le Père. » Et nous y trouvons des mots majeurs : prosagôgê (accès) qui va souvent avec parrêsia (intimité ou familiarité). Le "un seul corps" du verset 16 correspond à "un seul pneuma" ici.

19Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers ou des hôtes de passage, vous êtes concitoyens (sumpolitaï) des consacrés, et des gens de la maison (paroïkoï) de Dieu – vous voyez que Paul ne se gêne pas pour mettre ensemble politéia et oïkoï. La notion de maison va ouvrir maintenant le vocabulaire de la construction comme espace en quoi nous sommes.

20étant construits sur le fondement des apôtres et des prophètesvous remarquez que le chapitre 2 se termine sur la description de la construction de cet espace qui est une construction « fondée sur les apôtres et prophètes » ; il est intéressant de remarquer que la notion de fondement était liée à l'agapê, et ici elle est liée à l'apostolat. Il serait illusoire pour nous de privilégier un vocabulaire fonctionnel – le Christ Jésus lui-même étant la pierre d'angle (de faîte)il faudrait faire la distinction entre "pierre de fondement" et "pierre d'angle" – 21lui en qui toute la construction bien co-ajustée croît en un temple sacré, dans le Seigneur, – le rapport de la construction et de la croissance est constant chez Paul, l'un étant dans la métaphore végétale et l'autre dans la métaphore de la construction.

22dans lequel vous aussi – il s'adresse de nouveau aux chrétiens d'origine païenne – vous êtes co-construits en vue de l'habitation de Dieu, en Pneuma (dans l'Esprit).

 

ANNEXE. Ephésiens 2, 11-22

(Traduction Bible de Jérusalem[3])

11Rappelez-vous donc qu'autrefois, vous les païens - qui étiez tels dans la chair, vous qui étiez appelés " prépuce " par ceux qui s'appellent " circoncision ", . . . d'une opération pratiquée dans la chair ! - 12rappelez-vous qu'en ce temps-là vous étiez sans Christ, exclus de la cité d'Israël, étrangers aux alliances de la Promesse, n'ayant ni espérance ni Dieu en ce monde ! 13Or voici qu'à présent, dans le Christ Jésus, vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ. 14Car c'est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples n'en a fait qu'un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, 15cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, 16et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix : en sa personne il a tué la Haine. 17Alors il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches : 18par lui nous avons en effet, tous deux en un seul Esprit, libre accès auprès du Père. 19Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. 20Car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et prophètes, et pour pierre d'angle le Christ Jésus lui-même. 21En lui toute construction s'ajuste et grandit en un temple saint, dans le Seigneur ; 22en lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l'Esprit.

 



[1] On ne trouve pas cette formulation telle quelle dans l'Ancien Testament, mais à plusieurs reprises on voit des prophètes dire : « Vous n'êtes pas son peuple »

[2] En fait c'est tout le contexte de ce verset qui est évoqué. Dans les chapitres 56-57 Isaïe annonce le jour où les fils de l'étranger viendront se joindre à Israël pour servir le Seigneur dans le temple en y ayant accès au même titre que les Judéens.