"Vous ne savez ni le jour ni l'heure" est une réflexion de Jésus qui se trouve en deux endroits parallèles dont voici le contexte en saint Marc, les v. 5-23 décrivant une suite de catastrophes :

  • ange de l'apocalypse , Espagne, 1180« 1Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit : “Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions !” 2Jésus lui répondit : “Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée.” 3Il s'assit sur la montagne des Oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André lui firent en particulier cette question : “4Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s'accomplir ?” […] 24Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, 25les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. 26Alors on verra le Fils de l'homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire. 27Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel. […] 30Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive. 31Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. 32Pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. » (Marc 13)

Jean-Marie Martin à qui est dédié ce blog de la Christité est spécialiste de saint Jean et saint Paul (cf. Qui est Jean-Marie Martin ?). Ce qui figure ici est la transcription d'une séance qui a eu lieu en 2008 à Saint-Bernard-de-Montparnasse, année où il avait pris pour thème "Le temps johannique" et donc lisait essentiellement saint Jean. Ce sont les mots "jour" et "heure" qui l'ont conduit à parler du texte des Synoptiques.

J'évais pré-programmé ce message pour qu'il soit publié le 20 octobre 2021, or coïncidence, c'est aujourd'hui que Jean-Marie Martin est enterré près de Nevers, il est décédé le 12 octobre.

 

"Vous ne savez ni le jour ni l'heure"

 

Introduction

« Vous ne savez ni le jour ni l'heure ». Cette phrase donne à réfléchir à plusieurs titres. D'abord ce n'est pas une phrase johannique, elle se trouve chez les Synoptiques et nous essaierons de la situer pour elle-même. Elle présente un sens apparemment obvie[1] qui est sans doute assez éloigné du texte car on entend couramment : « Vous ne savez ni le jour ni l'heure du retour du Christ », ou plus communément : « Vous ne savez pas le jour ni l'heure de votre mort ».

On pourrait se demander aussi si dans cette expression du Nouveau Testament, "jour" et "heure" sont à entendre au sens courant où le jour est une histoire de date et où l'heure serait celle de ce jour, ou si "jour" et "heure" sont deux façons de dire la même chose. Nous allons nous acheminer plutôt vers ce sens-là.

Quand cette phrase est citée, elle donne en général lieu à une invitation sur la vigilance : il faut se tenir prêt, se tenir sur ses gardes, être vigilant. Ceci n'est pas complètement dénué de sens, pourtant je crois qu'on entendrait quelque chose d'autre si on mettait en rapport cette phrase des Synoptiques – « tu ne sais le jour ni l'heure » – avec la phrase johannique : « Tu ne sais ni d'où il vient ni où il va »[2], la phrase des Synoptiques étant dans l'ordre du temps, et la phrase johannique étant dans l'ordre du lieu ou de l'espace. Quand nous avions commenté cette phrase johannique, nous avions insisté sur la signification de "l'insu". Le rapport à l'insu est aussi une veille, une vigilance, mais peut-être pas directement dans l'ordre de notre temps. Autrement dit, toute la question du temps johannique va remettre en question notre intelligence du temps au sens courant, du temps qui court.

Cette phrase sur le jour et l'heure se trouve en Mc 13, 32 et Mt 25, 13. Du fait que Marc ne comporte que 16 chapitres, elle se trouve donc vers la fin. Chez Matthieu aussi, elle se trouve vers la fin et fait partie d'un grand discours qui précède immédiatement la Passion et qui est, comme tout le monde s'accorde à le dire, de type apocalyptique.

 

●   La littérature apocalyptique

L'apocalyptique n'est pas simplement l'Apocalypse que nous connaissons, le dernier livre de notre canon qui est l'Apocalypse de Jean. L'apocalyptique est une expression poétique d'un type très particulier qui a ses racines chez les prophètes, mais qui donne lieu à un pullulement d'apocalypses juives dans les temps qui précèdent immédiatement ou qui sont simultanés à l'émergence du christianisme. Il y a des apocalypses très nombreuses, et après l'Apocalypse johannique, il y aura encore des apocalypses chrétiennes. Celles-ci ne sont pas canoniques mais elles sont très intéressantes pour étudier ce qu'on appelle couramment le genre littéraire apocalyptique, c'est-à-dire comment entendre ce type de discours.

Je rappelle que le mot "apocalypse" ne signifie pas catastrophe mais "dévoilement".

Les passages de Mc 13 et Mt 25 auxquels j'ai fait allusion font partie de la littérature apocalyptique qui regroupe un certain nombre de passages bibliques, littérature qui est différente de la littérature sapientielle par exemple.

L'apocalyptique qui précède l'Évangile est intéressante à examiner, néanmoins elle ne donne le sens ni des passages apocalyptiques des Synoptiques, ni de l'Apocalypse de Jean. Il ne faut pas oublier qu'il en va de ce type de discours comme des autres, dans le Nouveau Testament ils sont réassumés à partir de la résurrection du Christ dans une autre signification. Nous avons déjà dit que tous les mots du Nouveau Testament sont des mots qui ont cours soient dans le monde hellénistique contemporain soit dans le monde juif, et cependant – pour dire cela de façon plaisante – ces mots ont besoin d'être baptisés pour dire la christité ; baptisés c'est-à-dire qu'ils ont à mourir et à renaître : mourir à leur sens usuel pour renaître comme capacité à dire la nouveauté christique. On a ça pour le mot de "seigneur", de "messie"… pour les mots les plus fondamentaux.

 

On lit souvent l'Apocalypse de Jean comme une prédiction sur des événements qui viendront dans le futur de notre temps, comme étant un écrit qui est basé sur la condition historique des premiers chrétiens des persécutions, et qui prolonge cela dans une sorte de prévision ou de futurologie. Il n'en est rien.

La tentation a été constante en Occident de ne pas penser le temps christique dans sa singularité, dans sa propriété, mais de l'étaler de façon démembrante, pas simplement déployante[3], dans les repères de notre temporalité native.

Il y a eu par exemple des millénarismes chrétiens : le Messie revient, il règne pendant mille ans et ensuite c'est la fin du monde. Ces approches sont toujours un peu suspectes. Il y a aussi des millénarisme profane par exemple le millénarisme du progrès. Le marxisme fut une certaine façon vécue comme un millénarisme, le grand soir.

Le millénarisme chrétien c'est de mettre la venue du Christ dans un temps à venir en le mettant dans la ligne de notre temporalité, dans la ligne de notre histoire. Et il faut un gros effort de pensée ou penser autrement, je vous le signale et cependant, c'est de toute première importance. Et d'ailleurs, en plus de cette méditation sur la fin, il faudrait méditer sur le commencement : quand ça commence et où ? Vous savez, la petite fille qui demande à sa maman : « où j'étais quand toi tu étais dans le ventre de Mammie ? »

La fin est très ambiguë. En effet, la fin peut désigner que quelque chose est fini et rejeté, mais la fin peut être aussi le moment qui aboutit à l'accomplissement plénier et qui peut durer dans l'accomplissement plénier. Donc la fin elle-même est une notion très complexe.

On ne devrait pas pouvoir ouvrir le livre de l'Apocalypse sans avoir au préalable avancé quelque peu dans la méditation de ces questions-là.

 

●   Lecture commentée de Marc 13, 30-32

Jésus et les disciplesJe vais maintenant ouvrir le passage du chapitre 13 l'évangile de Marc.

« 30Amen je vous dis, cette génération ne passera pas que toutes ces choses ne soient venues. – En lisant cela on peut se dire qu'il s'est trompé, et tous les historiens sont d'accord là-dessus… sauf que le mot "génération" ne désigne pas ici une génération parmi les générations, mais ça désigne "cette génération", c'est-à-dire "cet état de l'humanité dans lequel nous sommes".

31Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. – Faites bien attention à ceci car il y a écho au début du dernier chapitre de l'Apocalypse de Jean,

  • « 1Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle car le premier ciel et la première terre avaient disparu – autrement dit il y a "ciel et terre qui passent", donc quelque chose à dénoncer, et puis il y a "ciel et terre qui viennent" – et la mer n'était plus. 2Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem… 3Et j'entendis du trône une forte voix qui disait : Voici la tente de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux ,.. »

Ce qui est intéressant dans ce passage de l'Apocalypse, c'est le rapport de la descente et de la montée, car "venir" est un mot du temps mais c'est aussi un mot de l'espace. La Jérusalem descend du ciel sur terre, et c'est ce qui constitue l'ascension de l'humanité auprès de Dieu, c'est-à-dire qu'il en va du ciel et de la terre au sens authentique comme il en va de l'arkhê et de l'eschaton (début et fin) dans la temporalité : la distance est un éclair. Autrement dit, c'est l'aller-retour quasi simultané, et c'est là que chez saint Jean nous trouvons le "micron" (un peu), avec un micron de différence : « Micron et vous ne me constatez plus, micron en retour, vous commencez à me voir[4] » (Jn 16, 16). Chez Jean c'est le mot palin (en retour) qui marque l'aller-retour. De même sur l'échelle de Jacob « les anges montent et descendent », ce n'est pas « tantôt ils montent et tantôt ils descendent », mais c'est monter qui est descendre, et descendre qui est monter.

C'est tout à fait à dessein que ces différents modes de parler sont employés car c'est de la friction entre un discours et un discours que naît l'étincelle. Je parlais de l'éclair tout à l'heure éclair qui est du reste un emblème apocalyptique… L'éclair et le voleur marquent la rapidité, la rapidité qui est un nom de la proximité. Si nous voulons fréquenter ces textes, il faut que nous allions jusque-là…

32Mais de ce jour ou de cette heure (hora), personne ne sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, sinon le Père. – Là il y a quelque chose qui fait beaucoup de difficultés pour les théologiens mais c'est faute d'entrer dans la vraie problématique. Ils ont une certaine idée du Fils de Dieu qui est coéternel au Père… mais ce n'est pas ça dans nos textes.

L'Insu c'est "tu ne sais". L'Insu est reçu par le Fils, c'est-à-dire que le Père qui a l'Insu est comme donnant l'insu, et le Fils comme recevant l'Insu, c'est-à-dire que l'Insu dépasse le simple statut de l'homme, surtout de l'homme natif, et sans doute de l'homme christique lui-même. L'homme christique se vide[5] librement de son savoir et c'est la condition même ou l'envers de recevoir. Nous retrouvons ici cette fonction première dont j'ai déjà parlé : si quelque chose a pour essence d'être de l'ordre du don, plus il se donne, plus il se garde dans son essence (puisque son être est de se donner), et se donner c'est l'envers même de recevoir.

Veillez car vous ne savez pas le kaïros (le moment opportun, la saison favorable). »

En grec il y a trois mots principaux qui disent le temps : kronos, kaïros, aïôn.

Kronos est le temps dans le sens probablement le plus banal, le moins nécessaire de définir ; en revanche kaïros et aïôn sont deux mots sur lesquels il faut profondément réfléchir car ils ont une histoire et une histoire complexe.

Le kaïros se pense préférentiellement par rapport à l'opportunité. Autrement dit c'est le temps utile ou le bon temps, le temps convenable pour quelque chose. Paul dit aux Éphésiens : « Essayez de saisir le kaïros (le bon moment) car les jours sont mauvais » (Ep 5, 16). "Les jours" cela dit la temporalité dans laquelle nous vivons de par notre natif ; or notre natif c'est notre avoir-à-mourir, et plus précisément un avoir à mourir de mauvaise mort, de meurtre, d'exclusion. Cette mauvaise distance qui est la séparation, les multiples départs, les deuils, tout cela c'est "les jours". Mais le temps opportun, la belle saison, c'est la saison de la joie, de l'accomplissement plénier.

Chez Homère, aïôn désigne le temps de la vie, et il aurait à voir un peu avec ce que nous appelons le temps biographique. C'est assez intéressant parce que dans le monde biblique et peut-être dans une autre pensée archaïque grecque, cela désigne l'être mais dans son temps d'avoir-à-vivre[6], ce qui n'est pas le temps cosmique. Kronos pourrait être le temps cosmique.

Mais ce mot aïôn va subir très rapidement un fléchissement pour dire le temps de vie de l'âme du monde chez Platon. Autrement dit, pour les Grecs, c'est quelque chose qui est du côté de l'éternité. Et ce mot aïôn servira alors pour traduire la temporalité christique que nous appelons "éternité" par exemple. Quand saint Jean dit zoê aiônios (la vie éternelle), aiônios est l'adjectif qui qualifie le mot "vie" qui désigne la vie christique, la vie neuve, et c'est pourquoi on traduit aiônios par "éternel". Tout ça c'est une histoire vraiment assez complexe.

 

Je vous ai dit que nous pouvions soupçonner que sous le nom de "jour", sous le nom d' "heure" – mais ausi sous le nom de "saison", de kaïros, d'aïôn –, c'est la même chose.

En hébreu cette thématique fondamentale c'est le mot biblique olam. En particulier on considère deux olam.

Par exemple dans Genesis Rabba[7], un grand texte du Talmud, on se pose la question : « Pourquoi le monde fût-il créé avec la lettre Beth ?[8]  » Plusieurs rabbi répondent, et l'une des réponses est la suivante : « C'est parce qu'il y a deux mondes (olam), ce monde-ci et le monde qui vient».

Ces deux olam, c'est olam ha-bah (le monde qui vient) et olam ha-zeh (ce monde-ci). Dans le Nouveau Testament écrit en grec, olam ha-zeh correspond à ho kosmos outos, ce monde-ci. Chez Jean "ce monde-ci" est toujours caractérisé par le fait qu'il est régi par la mort et le meurtre, donc négativement. Cela ne veut pas dire que ce que nous, nous appelons le monde, soit négatif mais c'est ce que Jean appelle monde. Et ce monde qui est régi par la mort et le meurtre et s'oppose au monde qui vient. Ce qui s'oppose à la mort et au meurtre, c'est la vie et donc c'est la résurrection et l'agapê.

Si bien que je dis souvent que la question qui porte l'Évangile, c'est « Sous quel règne sommes-nous ? »[9] Et la réponse est « Jésus est ressuscité ». Jésus – c'est-à-dire la Christité en lui et en nous – est déjà dans la résurrection. Autrement dit, au règne de la mort et du meurtre, voici que vient s'affronter le Christ, et ce grand affrontement c'est la passion même du Christ qui par son mode de mourir inverse le sens de la mort, d'une mort qui nous asservit il fait une mort libre, donc une mort ouverte à la vie. C'est un mode de mourir dans lequel la résurrection est présente : la mort du Christ et sa résurrection c'est la même chose.

Le mot olam lui-même a des sens très divers puisqu'il peut désigner l'année, ce monde, ou encore l'éternité. Dans chacun des cas où il apparaît, souvent on ne sait pas comment le traduire. Autrement dit, c'est aussi confus et complexe que notre mot aïôn et que nos mots de la temporalité.

 

À propos du mot grec 'hora', si vous ouvrez un dictionnaire grec classique, au mot hora vous avez "temps", "période", "année", "saison", et "heure" seulement à la fin. Autrement dit, ce mot que nous traduisons par "heure" ne désigne souvent pas une heure parmi les heures. En Jn 11,9, il y a un passage où on trouve l'expression « les douze heures du jour » c'est-à-dire que de ce point de vue-là le mot "heure" dit un déploiement par rapport au jour, mais le plus souvent, le mot hora et le mot "jour" disent l'aïôn qui vient. "Mon heure" c'est moi-même en tant que je viens.

 

Comme le dit Jean en 1Jn 2,8, l'annonce caractéristique de l'Évangile c'est que ce monde-ci est en train de passer et que la lumière (du royaume) luit, c'est-à-dire que "le monde qui vient" est en train de venir : « C'est ceci l'annonce, que la ténèbre est en train de partir et que déjà la lumière luit » (1 Jn 2, 8). Mais ce monde-ci n'est pas passé, il est "en train de" passer, donc nous sommes dans une situation où les deux mondes sont ensemble ; l'un est en train de partir, l'autre en train de venir. Et il faut voir que le partir et le venir ne sont pas historiques. En effet, ça ne veut pas dire que le monde ancien commence à partir l'an premier de notre ère et que plus ça va, plus l'autre est en train de venir. C'est le chiffre de chaque instant. Notre temporalité est à mettre en question dans ces choses-là.



[1] "Obvie" : caractérise le sens d'un mot, d'une expression, qui est celui que l'esprit lui donne sans réflexion et abstraction faite du contexte

[2] « Le pneuma (l'Esprit) souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va » (Jn 3, 8). Cf. La rencontre de Jésus avec Nicodème (Jn 3, 1-10).

[3] Pour la différence entre démembrement et déploiement, on peut regarder une fleur : elle se déploie d'abord, tout étant retenu en un seul, puis tout tombe en s'éparpillant, c'est une sorte de démembrement.

[6] « É. Benvéniste a montré [dans Expression indo-européenne de l'« éternité», Bulletin de la Société de linguistique, 38, 1937, 103-112] que le sens premier du mot αιών n'est pas «temps de vie» [« Cette définition abstraite et qui ne retient que l'aspect temporel de la notion, vaut seulement pour des emplois relativement récents et en tout cas posthomériques…] mais «force de vie», «source de vitalité» et qu'ainsi s'explique chez Homère le lien qui existe entre αιών et ψυχή, association parfois si étroite que ψυχή communique le genre féminin à αιών20. Parce que Γαιών est la source de toute vigueur et non pas seulement de la durée de son existence, l'on dira d'un être jeune tué en pleine force : απ αιώνος νέος ώλεο. On parlera de Γαιών d'un homme jeune et jamais de celui d'un homme âgé. L'aicov est la force qui anime l'être et le fait vivre ; αιών équivaut à ψυχή. Quand il devient le nom de l'Éternité, dit Benvéniste, «et donc le moteur du devenir universel, il est à prévoir que Γαιών cosmique reproduira la structure de l'αιών humain. Il y aura entre les deux conformité nécessaire, car la force de vie, impliquant recréation incessante du principe qui la nourrit, suggère à la pensée l'image la plus instante de ce qui se maintient sans fin, dans la fraîcheur du toujours neuf ».» (Françoise Gury, "Aiôn juvénile et l'anneau zodiacal : l'apparition du motif", https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-5102_1984_num_96_1_1402)

[7] Genesis Rabba , chapitre premier, n° 10 page 42 de l'édition Verdier

[8] Le Beth, בּ correspond à notre B, et Bereshit est le premier mot de la Genèse c'est pourquoi la Genèses'appelle Bereshit en hébreu. Comme les lettres hébraïques sont aussi des chiffres, le Beth qui est la deuxième lettre de l'alphabet désigne aussi le deux.