Jean-Marie Martin (à qui ce blog est dédié) est décédé le 12 octobre dernier et le 20 octobre, à la fin de la cérémonie d'enterrement, soeur Paule Farabollini a témoigné. Elle a été élève de Jean-Marie lorsqu'il était professeur de théologie à l'Institut Catholique de Paris. C'est elle qui pendant de nombreuses années a organisé des sessions animées par Jean-Marie à l'Espace Bernadette de Nevers. Habitant en face de l'Ehpad où il a passé les derniers mois de sa vie, elle l'a vu très souvent. Un témoignage de fin de session figure déjà sur le blog, voici son témoignage du 20 octobre qui s'appuie sur la méditation du début de la première lettre de Jean, prologue qu'affectionnait particulièrement Jean-Marie.

  1. L'annonce : Jean-Marie Martin nous a quittés le 12 octobre 2021
  2. le Témoignage de sœur Paule Farabollini à la fin de la retraite sur "Le signe de la croix, signe de la foi"

D'autres messages contenant des témoignages vont paraître

 

Témoignage

 

 « Ce qui était dès l’origine, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont tâté autour de la Parole de la vienous vous l’annonçons… ».

Jean-Marie, il y a 45 ans, à l’IER, ces premiers mots de la 1ère lettre de saint Jean, dits par toi, je ne les comprenais pas, mais, au plus profond de moi, ils me faisaient du bien et m’ont donné le goût de chercher à entendre !

 

Il y a quelques jours, en évoquant les cours à la Catho, les retraites, les sessions, je te disais que “les sages et les savants” n’entraient que difficilement dans l’écoute de la Parole de Dieu telle que tu la donnais à entendre et que cela était réservé aux “ tout-petits ”, ceux qui consentaient à ne pas savoir mais à attendre d’entendre cette parole dans sa juste tonalité, et si nous sommes là aujourd’hui, autour de toi, c’est parce que nous nous reconnaissons dans ces “tout-petits”.

 

arbre en fleurTu n’acceptais pas que je te nomme “ Rabbi”. Assurément le seul Rabbi c'est le Christ, mais d'autres, comme toi, se laissent former, conformer et prennent le relais, en disciple, en témoin, en passeur.

Le témoin, c'est celui qui peut dire « Voici », montrer un chemin, parce qu'il a lui-même vu, entendu, contemplé, touché, approché quelque chose de ce qui est en question. En ce sens tu as été pour nous un témoin, nous montrant que fréquenter l'Écriture de manière approfondie, c'est fréquenter quelqu'un qui est Père, Christ, Pneuma, quelqu'un qui a déposé sa semence de vie au plus intime de chacun de nous et dont le désir est de voir cette semence prendre corps, grandir jusqu'à porter du fruit.

 

Pendant 20 ans, à l’Espace Bernadette, j’ai eu le privilège d’entendre ta lecture, ta méditation de la Parole de Dieu avec des mots qui déplacent, dérangent, des mots pour apprendre à entendre la Parole en sa juste tonalité, celle dans laquelle elle a été écrite ; des mots qui retentissent comme une musique qui éveille au goût de laisser cette Parole œuvrer en nous, accomplir ce qu’elle doit y accomplir ; des mots qui orientent l’écoute et donnent d’apprendre à marcher, à se mouvoir dans un espace de liberté parce qu’ils nous introduisent dans l’Espace du Prince de la Vie, dans l’Espace du Ressuscité.

 

Tout au long de ta vie, tu t’es attelé à rendre aussi audible que possible à nos oreilles d’aujourd’hui, cette parole, nous mettant à la tâche de devenir des écoutants, pour entendre plus loin, plus grand que ce que nous croyons connaître de Dieu et de nous, pour apprendre à prier Dieu et non pas notre idée de Dieu, pour entrevoir quelle grâce nous est donnée lorsque nous reconnaissons le péché qui enténèbre notre cœur et que nous accueillons le pardon comme le don le plus grand que Dieu nous propose. Ce pardon, donné gratuitement, gracieusement, sans aucun mérite de notre part et parce que cela est donné, ça se demande, et demander c'est acquiescer à ce que cela nous advienne.

 

Merci, Jean-Marie, d’avoir été un “passeur”, de nous avoir ouvert un chemin pour découvrir qui nous sommes pour Dieu, ses enfants bien-aimés, rassemblés dans le Fils Un, des enfants toujours en devenir, en labeur de laisser venir au jour le plus insu de nous-même.

 

Merci au nom de toutes celles et ceux qui ont été tes étudiants à la Catho de Paris et à l’IER,

Au nom de toutes celles et ceux qui ont participé aux retraites et sessions à Nevers et ailleurs,

Merci au nom des sœurs de la Charité de Nevers pour qui tu étais un proche de Jean-Baptiste Delaveyne, le fondateur de notre congrégation, né 350 ans avant toi, non seulement géographiquement, St Saulge et Chevannes se touchent, mais bien plus par votre commune lecture des Écritures.

 

Merci, au nom de toutes celles et ceux à qui tu as donné le goût d’entendre la Parole de Dieu, de devenir des écoutants du Verbe de Vie, du Verbe qui donne de vivre.

 

Accompagne-nous pour qu’à notre tour nous devenions des passeurs, passionnés de transmettre la seule Bonne Nouvelle : Jésus est mort et Ressuscité !

Aujourd’hui, qu’il t’entraine avec Lui dans son Royaume de lumière !