Voici un extrait de la retraite qui a eu lieu à Nevers en juilet 2010 sur le thème "Signe de croix, signe de la fo". A la suite de questions posées par des participants, Jean-Marie Martin a dit quelques mots à propos de la question : "Pourquoi le mal la souffrance ?".

 

La question : "Pourquoi le mal, la souffrance ?"

 

 

 

J-M M : J'ai reçu deux papiers avec des questions[1], et c'est pratiquement, globalement la même seule question qui est extrêmement vaste. C'est pourquoi je n'y consacrerai que peu de temps. Je vous lis les questions.

Q1 : Comment entendre que se donner c'est le propre du Christ, que le Christ est inimitable, que le Christ accomplit le salut puisque Paul dit : « J'achève dans ma chair ce qui manque à la passion du Christ » ?

Q2 : « Lève-toi, prends ton grabat et marche » : il assume car il est guéri. Mais porter sa croix alors qu'on n'est pas guéri, l'assumer est d'autant plus dur. Comment passer de la révolte ou de la résignation à l'acceptation ? Mère Teresa disait : « La souffrance n'est pas une torture si elle rapproche de Dieu et fait partager la souffrance du Christ. » Saint Paul dit : « Je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ par son corps qui est l'Église. » Jean Paul II dit : « Suis-moi, viens, prends part avec ta souffrance à cette œuvre de salut du monde qui s'accomplit par ma souffrance, par ma croix. » Accepter la souffrance parce que c'est elle qui sauve le monde ? ! ? ! ?

 

1°) Réponse brève.

J-M M : Ce qui est dans vos questions ici, c'est la signification, le sens du mal, de la souffrance et du mal en général. C'est un problème immense et j'ai dit que ma réponse serait brève, elle tient en quatre mots, même pas, quatre syllabes : JE N'EN SAIS RIEN !

Ça va comme ça ?

La rose est sans pourquoi

Bon, on va en dire un peu plus. Par exemple il peut m'arriver de m'étonner de ce qu'on pose la question : “Pourquoi la souffrance ?”, et pourquoi on ne pose pas la question : “Pourquoi y a-t-il quelquefois du bonheur ?”. Ah bon, parce que le bonheur vous était dû ! Ce n'est pas non plus une réponse, c'est un étonnement de ma part.

Mise en question de la question « Pourquoi ? »

Peut-être justement ce qui est à mettre en question, c'est le mot “pourquoi”. Vous connaissez ce mot magnifique d'Angelus Silesius : « La rose est sans pourquoi ». J'aimerais assez dire : « et les épines aussi ».[2]

 

2°) Examen des réponses apportées par les cultures (religions).

a) Pensées d'un Dieu sauveur et créateur ; pensées dualistes.

Cette question du pourquoi est une question lancinante. Les différentes pensées ont, dans les différentes cultures (ce qu'on appelait les différentes religions) essayé d'apporter des réponses, et singulièrement les théologies ou théodicées, c'est-à-dire les pensées d'un Dieu bon et sauveur et créateur.

Mais il y a aussi des réponses plus radicales. Par exemple il y a les dualismes absolus : il y a deux principes coéternels qui se combattent tout au long de l'éternité, le principe du mal et le principe du bien. Ceci évidemment n'est pas recevable en perspective chrétienne parce qu'il n'y a pas deux principes coéternels et égaux qui pourraient se combattre[3].

b) Mise en rapport du mal et du péché.

Un autre type de réponse, c'est de mettre dans un certain rapport le mal et le péché. Le mal est la punition du péché, cela est très fréquent dans la mentalité. Il vous arrive une tuile : « Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ? ». C'est archi-classique.

Quelquefois on met ça sur le compte de ce qu'on appelle le judéo-christianisme qui serait vraiment un fabricateur de culpabilité.

Très curieusement un grand spécialiste des déficiences, des malheurs et des maux intérieurs psychiques, lorsqu'il veut interpréter la culpabilité, il va chercher son paradigme, son archétype de pensée, chez les vieux Grecs : Œdipe… Il n'est pas judéo-chrétien Œdipe !

Le péché originel ?

Ou alors on pense à la doctrine du péché originel qui est interprétée de deux manières :

– le mal subi est l'effet, c'est-à-dire la conséquence du péché – ceci n'est pas du tout la doctrine paulinienne – et on y voit une explication de la souffrance.

– ou bien on voit dans cette doctrine une sorte de palliatif qui dédouane un peu l'individu parce qu'on met le péché sur le compte d'une peccabilité principielle de laquelle nous héritons. Or l'Évangile récuse cela. Comme vous l'avez noté : « Qui a péché pour que cet homme naquît aveugle, lui ou ses parents ? » (Jn 9, 2). La question paraît singulièrement pertinente puisque, du fait qu'il est né comme ça, il ne peut être responsable, c'est donc peut-être ses parents. Réponse de Jésus : « Ni lui ni ses parents ». Ah bon, même pas son arrière arrière arrière-grand-père Adam ? Même pas.

L'essai de Leibniz

Il y a eu d'autres essais. Un des plus célèbres est celui de Leibniz, un philosophe allemand, protestant d'origine, qui prétend faire une théologie selon la raison et non pas selon la Révélation, ce qu'on appellera une théodicée. Lui aussi est pris par le problème : Dieu est ou bon ou mauvais ou impuissant ; ou bien il ne peut pas éviter le mal, ou bien il ne veut pas. Et c'est sa théorie du meilleur des mondes : Dieu ne pouvait choisir que ce monde-ci parce que c'est le meilleur des mondes.

C'est la théorie qui, vous le savez, a fait tellement rigoler Voltaire. Le Candide se promène dans tout le monde et partout il trouve des malheurs et à chaque fois il est accompagné de son maître le professeur Pangloss qui lui récite la théorie de Leibniz. Il arrive même à Barcelone pour le grand désastre de Barcelone, ce grand tremblement de terre sur lequel Voltaire a fait par ailleurs un poème de mirliton, mais un poème immense.

 

3°) Le “pourquoi ?”  est trop petit comme question.

a) Est-ce que le “pourquoi ?” est une question innocente ?

Toutes ces tentatives d'explications sont nulles. Quand une question n'a pas de réponse, il faut se poser la question : est-ce une bonne question ? Est-ce que le “pourquoi ?” (ici on pose : « Pourquoi le mal ? ») est une question aussi innocente qu'il y paraît ?

Je ne conteste pas ici les réactions spontanées, natives, de refus, y compris le jurement, le blasphème, tout ce que vous voudrez. J'imagine d'ailleurs que Dieu comprend très bien ces blasphèmes-là.

b) Notre culture est régie par la question de la cause.

Je suis en ce moment dans un moment de réflexion sereine, pour peu que le répit m'en soit donné par le malheur qui nous accable, et je réfléchis sur la question “Pourquoi ?”. Nous sommes régis par la question “Pourquoi ?”, spécialement dans notre culture et spécialement notre moment de culture.

Notre culture en général et cela dès son origine, pose la question des quatre causes. Parmi les causes on a la cause efficiente et la cause finale. La cause efficiente c'est : “Par qui cela a été fait ?” ; et la cause finale c'est : “En vue de quoi ?” (un des sens du mot pourquoi), et puis les deux autres causes ne nous concernent pas ici.

C'est une pensée qui a été d'une fécondité prodigieuse dans l'aménagement de ce monde, c'est parce que l'Occident a posé la question “Pourquoi ?” qu'il a produit tout le développement technologique rationnel que nous connaissons. On peut se demander néanmoins parfois : lorsque s'ouvre l'œil technologique, c'est-à-dire la façon technologique de regarder le monde, est-ce que ne se ferme pas l'œil intérieur ? C'est pourquoi je ne considère pas nécessairement que ce développement technologique soit à tous égards une merveille, je dis bien “à tous égards” (il peut y avoir des bienfaits ponctuels ici ou là) et je ne suis pas seul. Un philosophe qui est le plus grand penseur du siècle précédent, Heidegger, est un critique aigu de la technologie dont il relève la signification négative.

La question est : est-ce que cette question qui régit une gestion possible de l'intra-mondain peut être transportée au-delà du monde ? Est-ce que cette question : “Pourquoi ?” a sa validité ? Si on met en évidence cela que « la rose est sans pourquoi », c'est-à-dire que probablement l'essentiel est sans pourquoi, le pourquoi est trop petit comme question. J'ai dit que ça valait pour la rose mais que je l'appliquais aussi aux épines tout à l'heure.

 

4°) La souffrance n'est pas l'explication du salut de l'homme.

J'ai oublié de commémorer un élément de réponse qui est également réputé chrétien, qui est le mérite : la souffrance mériterait. La souffrance du Christ mérite et par suite nos souffrances ; ce sont les citations qui ont été données sur vos papiers : « J'achève ce qui manque à la passion du Christ… » etc. Mais la souffrance ne mérite rien. Elle n'est pas du tout l'explication du salut de l'homme, ce n'est pas par mérite qu'on gagne son salut, ce n'est pas le processus, même si la théologie à certaines époques a largement développé cet aspect-là. Ce n'est pas le sens biblique.

Par ailleurs, à propos de la petite phrase de Paul que vous avez citée, je ne suis pas sûr qu'il faille traduire comme cela parce que je ne pense pas que Paul puisse indiquer qu'il “manque” quelque chose à la passion du Christ. C'est ta hysterêma, les déficiences : cette grande déficience, c'est-à-dire ce grand manque qui est la passion du Christ, ce grand mal. Ce n'est pas « ce qui manquerait à la passion du Christ » mais « la passion qui est un manque », alors j'y participe[4].

En ce sens-là il y a une signification, une assimilation en son lieu et à son degré, on pourrait dire une imitation du Christ, mais nous avons dit que même à ce niveau-là la notion d'imitation n'était pas la notion première. Ça peut être vrai en un sens, non pas au sens qu'il manquerait quelque chose à la passion du Christ, mais au sens que je prendrais part à ce manque (à ce mal) qu'est la passion du Christ, c'est possible.

"Le Christ a souffert pour nous": ne pas entendre cela au sens du mérite.

Mais en outre, répéter que le christianisme valorise la souffrance, c'est se méprendre. L'Évangile valorise tout l'homme, invite à réassumer tout l'homme, son bonheur et son malheur, c'est-à-dire la totalité de sa vie. Ce n'est pas valoriser seulement la souffrance : la souffrance comme souffrance n'est pas la perspective évangélique.

C'est pourquoi la notion que le Christ a souffert pour nous n'est pas à entendre au sens du mérite[5]. En effet le mérite est une causalité morale ; c'est une causalité, donc c'est une réponse à la question “Pourquoi ?”, et ce n'est pas une causalité physique, c'est ce que les philosophes appelaient une causalité morale.

L'évangile critique la notion de mérite.

Nous savons d'ailleurs que la notion de mérite n'est pas une notion clé fondamentale de l'Évangile puisqu'au contraire il critique intégralement la notion de mérite. Il substitue au mérite la notion de donation gratuite. Ceci ne me donne pas une réponse à la question du malheur mais évacue un certain nombre de fausses réponses qui ont eu cours ou qui traînent même dans les quartiers, car même un athée serait capable de dire : « Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ? »

 

5°) Les questions en “Pourquoi ?”.

a) « Pourquoi y a-t-il un monde ? »

Cette question du “Pourquoi ?” est en particulier nocive dans le champ de la pensée théologique en général. Elle en est venue à régir toute la pensée théologique par la notion de Dieu cause efficiente, de Dieu fabricateur (créateur si vous voulez). C'est défigurer la configuration originelle et fondamentale de l'Évangile que de commencer par Dieu créateur. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de rapport mais pas celui qu'on pose. Ça paraît une question tout à fait innocente : « Pourquoi y a-t-il un monde ? » C'est celle du déisme de Voltaire lui-même : « Je ne puis songer que cette horloge marche et n'ait point d'horloger.[6] » Il y a un horloger et il le faut pour expliquer le monde. Or Dieu n'est pas fait pour expliquer le monde. C'est rabattre Dieu que de le réduire à une réponse à notre question “Pourquoi ?”. Ce n'est pas comme cela qu'il vient. C'est comme cela que la théologie l'apporte souvent, mais ce n'est pas comme cela qu'il vient.

J'espère que vous apercevez les raisons profondes et fondamentales des différentes choses que nous avons dites et qui paraissaient plus ou moins insolites ou inutiles peut-être au cours des rencontres de cette retraite.

b) La tonalité de la question "Pourquoi le mal ?".

Or c'est la même question “Pourquoi ?” qui est posée à propos du mal à une nuance près qui est la tonalité différente. Je peux poser de façon assez sereine la question « Pourquoi le monde ? » Réponse : c'est Dieu qui l'a fabriqué. Mais quand je pose la question “Pourquoi ?” à propos du mal, cette question prend le ton du ressentiment, et l'innocente question “Pourquoi ?” devient la question « POURQUOI !? ». Ce n'est pas la même tonalité.

Il pourrait se faire qu'à la base de toute question “Pourquoi ?” il y ait, de façon inconsciente de notre part, quelque chose de vicié et de vicieux, ce qui rendrait plausible et même nécessaire l'incapacité à y répondre.

Je n'oublie pas ma première réponse : « Je n'en sais rien », mais je commence à savoir comment et en quel sens je n'en sais rien.

 c) Les questions qu'on pose au Christ.

Si vous avez examiné les questions qu'on pose au Christ et la façon dont il se comporte par rapport aux questions qu'on lui pose, vous avez remarqué que certaines questions, souvent posées par les disciples, reçoivent une réponse de Jésus : ce sont les questions du bon cœur. Mais il y a d'autres questions : des questions pour prendre, c'est-à-dire pour surprendre, pour prendre au piège. Les questions piégeuses adressées au Christ sont nombreuses. À ces questions-là, ou il ne répond pas ou il répond par une pirouette.

Ainsi on lui pose une question piège : « Faut-il payer l'impôt à César ? ». Elle est absolument piégeuse car César est l'occupant. Réponse : « Rendez à César ce qui est à César si ça vous chante, mais l'important, c'est que vous rendiez à Dieu ce qui est à Dieu ». Car c'est ainsi qu'il faut la traduire, ce n'est pas l'instauration d'un pouvoir civil d'une part et d'un pouvoir religieux d'autre part.

Il faut entendre la tonalité de la réponse, ce qu'elle dit effectivement ; les langues anciennes supportent très bien cette façon de parler. C'est un peu comme Luther, quand il dit : « Péchez fortement mais croyez plus fortement encore. » Ce n'est pas une invitation à pécher mais ça veut dire : « même si vous péchez, l'important c'est que vous croyiez plus fortement encore. » Les catholiques se sont beaucoup servi de cette phrase pour vitupérer Luther, mais ce n'est pas valide : Luther ne faisait en cela que redire les paroles de Paul au sens où Paul les énonce.

d) Notre question “Pourquoi ?” est soupçonnable.

Je pourrais donc soupçonner et examiner l'origine fondamentalement rancunière d'une question comme celle-là, non pas du tout que j'accuserais qui que ce soit, je n'accuse personne. Il ne s'agit pas ici d'une culpabilité que vous auriez de façon supplémentaire, mais d'une situation inconsciente. Car notre question “Pourquoi ?” paraît bien une question innocente, oui mais cependant elle est soupçonnable. Et ce qui rendrait compte du fait que la réponse n'est pas possible, c'est que la question n'est pas valide et cela à plusieurs titres : elle est peut-être soupçonnable de mauvais cœur comme nous en avons vu des exemples, mais en tout cas elle n'est probablement pas adaptée à autre chose que la gestion des causalités intra-mondaines.

e) Les questions du type « Est-ce que Dieu aurait pu… ? »

Ceci rejoint d'ailleurs une série de questions posées à propos de Dieu. Par exemple la question qui court tout au long de l'histoire de la pensée occidentale : « Est-ce que Dieu aurait pu… ? » (sous-entendu : il aurait pu faire mieux). C'est une question nulle, d'une nullité que vous ne pouvez pas imaginer. Elle a sévi et elle a plusieurs fonctions. Au Moyen Âge, c'est une question qui reste encore de type philosophique, et à partir du XVIe siècle elle devient une sorte de question enfantine. Le “aurait pu” du Moyen Âge signifie : est-ce que par exemple le concept de Création implique le concept de Résurrection, autrement dit : Dieu aurait-il pu créer le monde et ne pas venir mourir et ressusciter ? Cette question est évidemment une gestion d'un fonctionnement conceptuel de la pensée : est-ce que tel concept co-implique avec lui tel autre ou sont-ils distants ?

Mais à partir du XVIe siècle, la question “aurait pu” est une question quasi enfantine, on se représente Dieu comme un individu qui calcule des moyens pour des fins : non, ce n'est pas convenable qu'il ait choisi ça. Ce type de raisonnement est enfantin et nul ! Une notion de Dieu qui procède de cette façon demande largement à être purifiée.

 

Quatre indications pour conclure.

  • Accéder à la pensée qui peut penser que « La rose est sans pourquoi » et qui pose du même coup que « L'épine est sans pourquoi ».
  • Éviter les anthropomorphismes, les représentations du Dieu. Il faut purifier notre idée de Dieu, non par rapport à des symboles, mais par rapport à des images. C'est quand la pensée devient conceptuelle en théologie que prolifèrent les images sauvages autour de Dieu. Quand ne prolifère pas la pensée proprement conceptuelle, c'est que nous sommes dans un monde symbolique, qui est vécu précisément comme symbolique.
  • Enfin la tâche serait de ne pas oublier l'action de grâces quand le bonheur est là, ne pas oublier qu'il se cache parfois comme semence dans le malheur ou la souffrance même ; c'est la thématique de la femme qui enfante dans l'évangile de Jean au chapitre 16, verset 16 et suivants.
  • Et puis demander que la souffrance ne soit pas quelque chose qui nous écrase totalement.

Voilà les gestes simples que nous pouvons être amenés à faire.

 

Et pour terminer, ultimement : Pourquoi y a-t-il du mal ? Je n'en sais rien.

Si vous méditez un peu cela, vous verrez que ce n'est pas du tout décevant, c'est au contraire ouvrant. C'est ouvrant surtout en ce que c'est un lieu de purification de notre idée de Dieu.

Les mauvaises questions qu'on ne sait pas résoudre ont ceci d'intéressant que le fait de pouvoir les dissoudre, les évacuer, les rendre vaines est toujours bénéfique, donne toujours d'avancer quelque part ailleurs que dans la question comme elle se posait.



[1] Lors des retraites J-M Martin fait un exposé d'une heure le matin, et en fin d'après-midi répond à des questions qui lui ont été posées sur des papiers.

[2] Citation complète d'A Silesius : « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit, elle ne se soucie pas d'elle-même, elle ne se demande pas si on la voit. »

[3] La question de Satan est développée dans le message du blog :  La question de Satan. Les différentes facettes de la figure de Judas.

[4] Ce passage de Paul est étudié dans le message du blog : Manque-t-il quelque chose à la passion du Christ (Col 1, 24) ? Les deux "je" du Christ. ;

[5] « “Pourquoi Jésus meurt-il, est-ce à cause de Pilate ou est-ce à cause des Juifs ?” La réponse est : à cause de moi.  Ça c'est inéluctable et ça évacue les alibis insatisfaisants. En effet,  il est mort pour évacuer le péché du monde et mon péché. Que cela soit mal enregistré et vécu comme culpabilisant, c'est évident et en cela il y a quelque chose qui n'est pas satisfaisant. […] Saint Jean dit : « Celui-ci est l'agneau qui lève le péché du monde ». Ceci remet à sa juste place la question des responsabilités respectives des Juifs ou des païens, et le prétendu arbitrage que nous pourrions faire en ce domaine. […] Il faut prendre conscience que le bon aveu n'est ni dans le déni ni dans le dépit, mais dans la lumière du pardon. Autrement dit, convaincre quelqu'un d'être coupable autrement que dans la lumière du pardon ne fait que redoubler sa culpabilité en ajoutant la nôtre. Donc la prédication moraliste est à l'inverse du sens authentique du péché et du pardon dans l'Évangile. » (J-M Martin, Saint-Jean de Sixt , session sur la Passion en saint Jean).

[6] L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer – Que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. (Voltaire, Satires, les Cabales).