En Jn 10, 11 Jésus proclame : « Je suis le bon berger ». Le bon berger se distingue du voleur ou du violent mais aussi du mercenaire c'est-à-dire du salarié, et il s'en distingue en ce qu'il se donne. Ceci manifeste que le don se distingue bien sûr de la prise violente, mais aussi du marchandage, de l'échange, du salaire, du mérite. C'est aussi le thème du renversement messianique : ce n'est plus les brebis qui nourrissent le berger, mais le berger qui donne sa vie pour rassembler les brebis dispersées

Cette méditation de Jean-Marie Martin est extraite d'une séance à Saint-Bernard-de-Montparnasse en 2001-2002 année où il traitait du Je christique. 

 

 

Jn 10, 11-18

Le bon berger et les brebis

Le Je christique et les dispersés

 

 

Le chapitre 10 est celui du bon pasteur comme on dit, du beau berger. C'est un long chapitre, nous en prenons connaissance de façon un peu glosée.

Ce chapitre comporte trois moments.

1) Présentation des deux premiers moments du chapitre (v. 1-18).

      ●   Le premier moment (v. 1-10). « Je suis la porte »

Il y a le premier moment que nous ne lirons pas aujourd'hui. C'est le moment où Jésus dit : « je suis la porte de la bergerie », et en cela il se distingue du voleur qui n'entre pas par la porte. Il dira ensuite « je suis le pasteur ». Voilà une série d'affirmations un peu hiéroglyphiques qui, pour notre imaginaire, ne nous laissent pas paisibles dans notre façon d'entendre. En réalité, il faut méditer comment ces mots ne sont pas à entendre au niveau premier de l'imaginaire dans leur incompossibilité, leur contradiction, mais au niveau, à chaque fois, de leur intelligibilité.

La porte est ce par quoi on est introduit, et j'avais dit, lorsque nous avions étudié le thème majeur de la maison (oikos), que la porte était aussi, dans des cultures anciennes, le nom de la demeure, par exemple la Sublime Porte, parce qu'une maison est essentiellement caractérisée par le pouvoir d'y entrer et le pouvoir d'en sortir. Une maison n'est pas un emboîtement ou une prison. La porte est le nom même de la maison en ce que la maison désigne la liberté. Elles entrent et elles sortent, c'est ce qui est dit dans notre chapitre 10 à propos des brebis. Donc : « Je suis la porte ».

      ●   Le deuxième moment (v. 11-18). « Je suis le bon berger »

Le deuxième moment est celui où Jésus dit : « Je suis le bon berger». Dans le premier moment nous avionsune situation d'invasion ou de brigandage, c'est-à-dire d'investissement indu de la demeure. Ici le berger sera opposé non plus au violent mais au mercenaire, au salarié. Le bon berger se distingue du mercenaire et du salarié, de la même manière que l'essentiel de la foi chrétienne, en tant que don, se distingue de la violence, du complexe droit et devoir, du salaire, de l'échange juste. Nous avons rencontré ce thème à bien des reprises[1]. Il est essentiel chez Paul où il se trouve sous d'autres dénominations.

 

2) Lecture du deuxième moment (v. 11-18).

Bon berger 5« 11Je suis le bon berger: le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis. 12Le mercenaire, qui n'est pas vraiment un berger et à qui les brebis n'appartiennent pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et prend la fuite; et le loup s'en empare et les disperse. 13C'est qu'il est mercenaire et que peu lui importent les brebis. 14Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, 15comme mon Père me connaît et que je connais mon Père; et je me dessaisis de ma vie pour les brebis. 16J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger. 17Le Père m'aime parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite. 18Personne ne me l'enlève mais je m'en dessaisis de moi-même; j'ai le pouvoir de m'en dessaisir et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père». (TOB)

 

      ●   Verset 11. Le thème du don.

« 11Je suis le bon berger ; le bon berger se caractérise en ce qu'il pose sa psychê pour les brebis». "Poser sa psychê" est une expression que nous avons déjà rencontrée. On traduit en général par  "donner sa vie", mais il faut éviter le mot de vie, car le terme employé ici n'est pas zoê qui désigne chez Jean la vie éternelle. Éventuellement on peut dire "donner son être". "Poser sa psychê" c'est se donner soi-même pour les brebis. Nous avons ici le thème du don : se déposer (tithêmi) est un verbe basique chez Jean.

Ce thème-là ouvrirait sur la dimension paradoxale qui fait que le bon berger est celui qui est appelé par le Baptiste : l'agneau de Dieu[2]. Normalement, ce sont les brebis qui donnent leur vie et permettent au berger de vivre. Ici, c'est le berger qui donne que vivent les brebis.

Là encore vous avez peut-être l'impression d'une espèce d'incohérence imaginale.  Dans le "Je suis" vous aviez la porte et le berger, et maintenant c'est l'agneau ! Mais tout cela est signifiant. Il faut peut-être éprouver cette gêne, parce qu'elle relève de notre mode de cohérence, même dans le domaine de l'imaginaire.  C'est ce qui nous rend quasi impossible la lecture de l'Apocalypse parce que c'est une écriture quasi "hiéroglyphique". Mais nous ne sommes pas du tout habitués à cela car pour nous les métaphores ne se tiennent pas en cohérence. Or, si je vais en profondeur dans chacune (porte, berger…), c'est là que je trouve la véritable cohérence du texte[3].

      ●   Verset 12. Différence entre salarié et bon berger.

Brebis dans la main du bon berger« 12Le salarié, qui n'est pas le berger et dont les brebis ne sont pas les propres – ce sont les propres du bon berger et "propres" ici est pris dans un sens positif – le salarié voit le loup venir – là, nous allons avoir une scène de carnage, c'est-à-dire de démembrement, de déchirement à la fois des éléments du troupeau qui s'enfuient chacun là où les conduit leur peur propre, et de déchirement aussi à l'intérieur d'eux-mêmes –  et il laisse seules (aphiêsin) les brebis – c'est le même verbe que le laisser seul vu en Jn 16, 32, mais inversé quant au rôle de chacun – et fuit, et le loup les saisit (harpazeï) et les déchire (skorpizeï) On connaît le deuxième verbe, le premier est aussi très intéressant : harpazeïn, c'est saisir avec violence. C'est un mot qui existe une seule fois sous forme de substantif chez Paul, harpagmon : « Il n'a pas jugé prenable (harpagmon) d'être égal à Dieu » (Ph 2, 6). Ce n'est pas prenable puisque c'est de l'ordre de la donation : il ne prend pas, donc il se vide de cela. Et c'est parce qu'il se vide qu'il peut être empli : « C'est pourquoi Dieu lui a donné le nom…» (Ph 2, 9), le Je secret. Tout le monde connaît ce texte[4].

… Parce qu'il (ce berger) est salarié et n'a pas le souci (mélei) de ses brebis.», Le souci des brebis est un thème qui nous ouvrirait vers d'autres thèmes que nous avons déjà recensés, en particulier, le thème des mains : « Le Père lui a donné la totalité dans les mains » (Jn 13, 3), les mains soigneuses, des mains du soin, du souci, de la cure. Et« il n'en a perdu aucun » (d'après Jn 18, 9).

      ●   Versets 14-15a. Le thème du connaître.

« 14Je suis le bon berger et je connais les miens et les miens me connaissent ta éma (les miens) au neutre c'est la même chose que "les propres". Nous sommes les propres du Père, mais le Père nous a donnés au Christ en lui donnant d'être l'accomplissement de notre être. Il est l'accomplissement (exousia) de notre être. La caractéristique première, ici, est donnée par le verbe connaître, et un connaître réciproque.

C'est là une autre chose qui me préoccupe en ce moment : l'appartenance à la région du connaître est plus décisive et plus importante que la différence entre être connu et connaître. Autrement dit l'être connu est ce qui me donne déjà, d'une certaine manière, de connaître. Bien sûr ce n'est pas connaître au sens psychologique du terme, pas au sens de la conscience. Par exemple saint Jean dit dans sa première lettre : « À ceci nous connaissons que nous l'avons connu…»(1 Jn 2, 3). Il faut donc connaître qu'on connaît ! Le premier mode de connaître, c'est d'être connu que nous le sachions ou non, et c'est ça notre première appartenance à la zone du connaître.

Donc nous appartenons à la zone du connaître, et l'être connu est le pré-sentiment du connaître. Par exemple entendre tu donne que je dise je : « Tu es mon fils »donne que je puisse dire « Père ». Pour autant il ne s'agit pas d'un ordre chronologique successif, mais très précisément du rapport structurel dans lequel ces mots qui disent des questions essentielles demandent à être pensés.

15selon que le Père me connaît, moi aussi je connais le Père. – Ce n'est pas seulement : de même que… de même que. L'ordre est bon. J'entends que je suis connu, et pour autant je connais. L'articulation de l'actif et du passif, comme on dit dans nos langues, a ici une importance, mais une importance seconde à l'intérieur de ce qui est premier, et qui est, non pas la fonction syntaxique du mot, mais l'appartenance sémantique au connaître. La chose essentielle dans l'Évangile est d'entendre quelque chose, articulé ou non en mots, qui soit l'égal de : « je t'ai connu ». Mon connaître, c'est d'être connu et l'être connu est le moment retenu de l'avoir à connaître, le moment retenu du connaître, retenu à l'eschatologie. Nous reverrons cela à propos du verset 27, au début du troisième moment.

.. Et je pose mon être pour les brebis. » Nouvelle occurrence de ce thème apparu au verset 11 et qui revient ensuite comme thème principal des versets 17-18.

      ●   Versets 15b-16. Le thème du rassemblement.

bon pasteur, Berna Lopez« 16J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie et il me faut les rassembler (agageïn) – à nouveau ce terme, agageïn, qui se trouvait dans la prophétie de Caïphe au chapitre 11 : « 52pour que les enfants de Dieu, les dispersés, soient rassemblés (synagagê) pour être un. »[5]

 ... Elles entendront ma voix et elles deviendront un seul troupeau, un seul berger. » Entendre est décisif dans tout ce chapitre. Nous savons que c'est le mot initial : entendre et entendre la voix. La voix (phonê) est autre chose sans doute que logos ou rhêma, c'est-à-dire les différentes façons de dire la parole. Néanmoins, il ne faut pas penser que la voix soit quelque chose d'inférieur par rapport au logos, comme c'est le cas dans notre langue où le logos dit la chose intelligible et la voix dit le support sensible. Cette répartition est post-platonicienne : il y a la région du sensible et la région de l'intelligible. De bonne heure cela se trouve chez les Pères de l'Église parce qu'ils sont dépendants de l'écoute médio-platonicienne.

Pour méditer la signification de la voix, il faudrait méditer l'expression, fréquente chez les auteurs du IIe siècle, qui est : ekphonêsis tou onomatos (l'énonciation du nom). L'ekphonêsis est en même temps la multiplication en éléments de l'unité du nom indicible. Les différentes dénominations du je sont des lieux de cette ekphonêsis tou onomatos[6].

      ●   Versets 17-18a. La psychê donnée d'avance.

« 17C'est pourquoi le Père m'aime, pour cela que je pose ma psychê en sorte qu'en retour (palin) je la reçoive – on a ici palin “à nouveau”, c'est-à-dire que s'abandonner est la condition même, ou l'autre face, où l'avers, le revers de se recevoir : mon être (ma psychê)[7] est de me recevoir du Père.

18Personne ne me la lève (ne me l'enlève) mais c'est moi qui la dépose de moi-même. – Donc c'est une donation et non pas une prise violente. Nous avons médité cela. Jésus dit : « personne ne prend ma psychê ». Or, si : on la lui prend. Mais c'est une méprise, parce qu'elle est donnée d'avance, donc elle n'est plus prenable. Et que ce soit une méprise est attesté par le fait de la résurrection, le fait qu'elle n'est pas véritablement prise. Ce n'est pas une mort pour la mort. Nous trouvons ici des échos multiples de choses déjà dites, mais qui prennent une coloration dans un chemin déterminé, qui est celui de notre lecture d'aujourd'hui.

► Ce verset reste pour moi assez inaudible…

J-M M : Tout se joue en ceci : « Ma psychê (mon être) personne ne l'enlève, je la dépose de moi-même  », c'est-à-dire que le don se trouve au lieu du meurtre (car le Christ est mis à mort), mais le meurtre se trouve retourné parce que le sang ainsi donné devient imprenable, imprenable puisque donné. Le berger donne sa vie pour ses brebis alors que normalement ce sont les brebis qui nourrissent le berger ; et c'est à ce moment-là qu'il y a la notion de retournement, c'est-à-dire de ce qui rend caduc le meurtre constitutif de notre natif, de l'ancien monde, de nous qui sommes nativement sur la figure du fratricide, sous la figure de Caïn et Abel. Et ce qui est en question ici c'est la mort du Christ dans sa qualité de résurrection, c'est-à-dire que ce qui franchit la mort franchit aussi le meurtre car la première figure de la mort est un meurtre et même un fratricide.

      ●   Versets 18b. Le mandat du Christ.

J'ai pouvoir de la déposer et pouvoir de la recevoir à nouveau – “j'ai” : lui a cette capacité. Pourquoi ? Le texte le dit – J'ai reçu cette disposition d'auprès de mon Père. » Le Père m'aime parce que je fais sa disposition. On trouve cela dans le thème quadriforme qui fait l'unité des chapitres 14 à 16 : « Si vous m'aimez, vous garderez mes dispositions et je prierai le Père et il vous donnera un autre paraclet le pneuma… » (Jn 14, 15-17) où on a les quatre noms de la présence : agapê, garde de la parole (ou des dispositions), prière, don du pneuma[8].

► Moi je n'ai pas le mot "disposition" dans ma traduction.

J-M M : Le mot entolê que je traduis par disposition est traduit d'habitude par commandement, mais ce terme n'est pas pertinent ici[9]. La disposition est ce qui est donné de faire alors que le commandement est ce qui est donné à faire.

« J'ai reçu cette disposition d'auprès de mon Père» : « c'est le Père qui me donne comme vocation et fonction insigne de poser et déposer ma psychê pour autrui. » En cela le Christ n'est pas imitable au sens plein du terme, et ceci ne doit pas s'entendre psychologiquement.

Nous avons la structure de base ici : le fait que la résurrection n'est pas quelque chose qui arrive à Jésus après coup : « Il a été bien docile, il a accepté la mort, alors en récompense, je vais le ressusciter ». Pas du tout, la résurrection est contenue dans son mode de mourir.

L'acquiescement à la mort est déjà la liberté de la résurrection. Sa mort est donc une mort pour la vie et non pas une mort de servitude. Son mode de mourir n'est pas notre mode usuel de mourir. Nous pouvons tenter d'acquiescer, pour autant que cela nous est possible, à la mort ; c'est une chose très difficile, toujours un peu incertaine. La possibilité d'acquiescer à notre propre mort n'est pas entièrement dans notre main. Cependant on peut aller vers cela. Mais premièrement, sans doute, nous n'y parviendrons jamais et d'autre part, cela ferait de nous un homme éminemment vertueux, pas le sauveur du monde.

Il est le sauveur du monde parce qu'il lui est donné d'être celui de l'humanité qui peut accomplir cette mort pour la vie. Les individus que nous sommes n'ont pas dans leur individualité la capacité d'accomplir pleinement cette mort pour la vie.

 

3) Le troisième moment du chapitre (v. 27-30).

Le troisième moment de ce chapitre est au verset 27.

Bon berger, catacombe Coemeterium Majus, Rome« 27Les brebis entendent ma voix – Jésus a dit aux Judéens : « Vous ne croyez pas » (v. 26) et par contre, ici il dit que« les brebis entendent ». Ceci fortifie notre idée que le verbe croire doit s'entendre, précisément, à partir du verbe entendre. Entendre est le premier moment de la foi. Entendre la voix (phonê), c'est-à-dire entendre l'appel (la klêsis). Nous avons déjà fait ce rapport-là – et je les connais et elles me suivent.» "Entendre la voix" est le premier départ du disciple, "suivre" est la gestuelle du disciple[10].

« Je les connais. » Nous retrouvons le verbe connaître que nous avons vu aux versets 14-15. Ce verbe chez Jean dit le moment pleinement accompli de la foi. C'est un verbe qui ne supporte pas de sens dépréciatif, c'est toujours au sens plein, avec cette particularité déjà signalée que l'essentiel du connaître est d'être connu, et c'est ce qui est dit ici : « Je les connais ». Et l'accomplissement de l'être connu, c'est de connaître. Il y a un rapport pas simplement actif passif, comme nous dirions dans les catégories qui nous occupent. Il y a un rapport de continuité dans la signification, la sémantique même du verbe connaître qui fait que, le principe même du connaître, c'est d'être connu. Je ne connaîtrai jamais au sens authentique que ce qui me connaît. Nous avons ici l'équivalent. Autrement dit, notre être véritable, c'est notre être connu. Mais notre être connu devance en nous chronologiquement de beaucoup l'accomplissement de notre être, puisque l'accomplissement de notre être, c'est de connaître, de connaître celui qui nous connaît. Ça va ?

« 28Et je leur donne vie éternelle et elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera (harpazeï) de ma main. – on retrouve le thème du souci du berger pour les brebis : « je n'en ai perdu aucun » –  29Le Père qui me les a données est plus grand que tout – plus fort que toute force de prise et personne ne peut arracher (harpazeïn) de la main du Père. 30Le Père et moi nous sommes un". »



[1] En particulier J-M Martin met en évidence que dans les dernières demandes du Notre Père, il s'agit de mettre en évidence la différence du don avec la violence et le salaire. Voir Le Notre Père en Mt 6, 9-13, lecture à la lumière de saint Jean et saint Paul.

[2] Cette appellation est étudiée dans Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde .

[6] « La voix est à entendre comme impliquant essentiellement la dimension de l'appel par rapport au nom… Chez nous, existe également le mot in-vocation. » (Extrait de 13ème rencontre : Nom, voix, appel. Extraits de Gn 1 et de l'évangile de Vérité). Par ailleurs, voir : Le déploiement du Nom par les valentiniens ; lecture des "je suis" johanniques avec attributs 

[7] Comme il l'a dit au verset 11, J-M Martin évite de traduire le mot psychê par le mot vie car en saint Jean le mot vie traduit plutôt zoê qui désigne la vraie vie alors que psychê désigne la vie sous son aspect de faiblesse. Parfois il traduit "ma psychê" par "mon être". Sur ce que désigne psychê chez saint Jean, voir . Les distinctions "corps / âme / esprit" ou "chair / psychê / pneuma" ; la distinction psychique et pneumatique (spirituel).

[9] « Il est clair que, chez Jean, entolê ne se laisse pas traduire par précepte, mandement ou mandat pas plus que par commandement. Le mot "disposition" traduit littéralement entolê. Nous sommes conduits à cela du fait que le vocabulaire du droit et du devoir est un vocabulaire récusé par le Nouveau Testament comme disant notre rapport constitutif à Dieu. Parfois il est vrai que le mot entolê, quand il est dans la bouche des Judéens qui s'opposent à Jésus, peut être traduit par précepte car c'est ainsi qu'ils l'entendent. » (J-M. Martin, Versailles février 1998).